Cassation d’un arrêt ayant exclu l’originalité de pochettes de disques

Une société de production musicale avait assigné en contrefaçon de droits d’auteur et en concurrence déloyale un concurrent pour avoir distribué des disques dont les pochettes reproduisaient les caractéristiques de plusieurs pochettes sur lesquelles la société revendiquait des droits d’auteur. Par un arrêt du 10 avril 2019, la Cour de cassation a jugé que l’originalité des pochettes devait “être appréciée dans son ensemble au regard de la combinaison des différents éléments, même banals, les composant” et a ainsi reproché à la Cour d’appel d’avoir rejeté l’application du droit d’auteur par “des motifs impropres à exclure l’originalité des pochettes revendiquée”.

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La Cour de cassation refuse la qualification de coauteurs d’une œuvre de l’esprit

Deux époux qui avaient mis à la disposition d’un artiste-plasticien un atelier revendiquaient la qualité de coauteurs sur plusieurs œuvres divulguées sous le nom de cet artiste. Par un arrêt du 20 mars 2019, la Cour de cassation a rejeté la qualification de coauteurs au motif que l’intervention des demandeurs s’était limitée à des actes techniques. La Cour a ainsi rappelé “que la présomption simple de titularité dont bénéficie celui sous le nom duquel l'œuvre est divulguée ne s'oppose pas à ce que d'autres personnes se voient reconnaître la qualité de coauteurs, s'il est démontré, de leur part, un apport effectif à la création de l'œuvre exprimant l'empreinte de leur personnalité”.

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Publication du décret sur la mise en œuvre de traitements comportant l’usage du NIR

Le décret du 19 avril 2019 relatif à la mise en œuvre de traitements comportant l'usage du numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes physiques (NIR) ou nécessitant la consultation de ce répertoire a été publié. Ce décret, pris en application de l'article 22 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, précise les conditions spécifiques des traitements portant sur le NIR “en déterminant les catégories de responsables de traitement et les finalités de ces traitements au vu desquelles ces derniers peuvent être mis en œuvre”.

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La Cour d’appel de Paris condamne un auteur pour contrefaçon du titre d’un ouvrage

A la suite de vérifications en ligne, la CNIL avait constaté que les données personnelles des clients d’une enseigne d’optique étaient librement accessibles sur son site internet. Deux jours après avoir été alertée par la CNIL, la société avait corrigé le défaut de sécurité. Par un arrêt du 17 avril 2019, le Conseil d’Etat a jugé qu’“en retenant une sanction pécuniaire d’un montant de 250 000 euros sans prendre en compte la célérité avec laquelle la société (…) a apporté les mesures correctrices de nature à remédier aux manquements constatés, la formation restreinte de la CNIL a infligé à cette société une sanction disproportionnée”. Le Conseil d’Etat a ainsi ramené le montant de la sanction a 200.000 euros.

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La Cour de cassation rappelle les modalités d’accès par un employeur à la messagerie professionnelle d’un salarié

Un employeur avait consulté la messagerie professionnelle d’un salarié pendant son arrêt maladie. Par la suite, cinq salariés avaient été licenciés pour faute grave sur le fondement notamment des courriels extraits de cette messagerie. Après avoir écarté des débats les courriels, la Cour d’appel avait déclaré les licenciements sans cause réelle et sérieuse. Par un arrêt du 3 avril 2019, la Cour de cassation a cassé l’arrêt d’appel au motif que les juges du fond auraient dû “rechercher si les courriels litigieux, qui provenaient de la messagerie électronique mise à la disposition des salariés par l'entreprise, avaient un caractère professionnel et si leur contenu relevait ou non de la vie privée des salariés”.

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La Cour d’appel de Paris condamne un auteur pour contrefaçon du titre d’un ouvrage

Un auteur avait assigné en contrefaçon du titre de son ouvrage un autre auteur dont l’ouvrage avait été publié une année après le sien. Par un arrêt du 19 avril 2019, la Cour d’appel de Paris, infirmant le jugement de première instance, a retenu le caractère original du titre jugeant qu’il traduisait la personnalité de son auteur et a jugé que la contrefaçon était caractérisée dès lors que le titre du second d’ouvrage “ne différ[ait] du titre premier que par l'ajout du pluriel (…) qui au demeurant gard[ait] à l'expression la même sonorité et ne permet[tait] pas la différentiation des titres”.

Arrêt non publié

Le Parlement européen adopte une proposition de directive prohibant la revente de billets de spectacles acquis par des robots

Le 17 avril 2019, le Parlement européen a approuvé la directive visant à renforcer les règles de protection des consommateurs de l’UE. Le texte prohibe ainsi le fait de “revendre des billets pour des manifestations à des consommateurs si le professionnel les a acquis en utilisant un moyen automatisé de contourner toute limite imposée au nombre de billets qu’une personne peut acheter ou toute autre règle applicable à l’achat de billets. La directive doit désormais être approuvée par le Conseil de l'Union européenne.

Pour lire la proposition de directive adoptée par le Parlement européen

Condamnation d’une banque à rembourser sa cliente à la suite d’un virement frauduleux

Le système d’information d’une société avait été piraté à la suite de l’ouverture d’une pièce jointe à un courriel contenant un virus. Par la suite, les moyens de paiement de cette société avaient été utilisés frauduleusement pour réaliser un virement bancaire. La banque avait alors refusé de rembourser sa cliente en lui reprochant son imprudence. Par un arrêt du 4 avril 2019, la Cour d’appel d’Orléans a condamné la banque à rembourser la société du montant du virement litigieux au motif qu’elle avait échoué “à rapporter la preuve qui lui incomb[ait] d’une faute ou d’une négligence grave commise par sa cliente” alors que le courriel à l’origine du piratage était “rédigé en français parfait et sans faute d’orthographe” et “faisait état d’une difficulté de facturation” de sorte que la société “ne pouvait (…) raisonnablement penser qu’il s’agissait d’un spam”.

Arrêt non publié

Publication d’une série de fiches pratiques à destination des startup

Le 16 avril 2019, la CNIL a publié plusieurs fiches pratiques destinées à répondre aux enjeux réglementaires auxquels les opérateurs et notamment les startups peuvent être confrontées dans le cadre de leurs activités. La CNIL a ainsi publié des fiches portant sur plusieurs thématiques telles que la conception d’un parcours utilisateur, la sécurité des données ainsi qu’une foire aux questions présentant les règles en matière d’envoi de mails publicitaires, de conservation de la preuve de l’effacement des données associées à un compte à la suite d’une demande d’effacement ou de sauvegarde et de suivi de l’adresse IP des internautes dont le comportement est douteux pour prévenir une tentative de piratage.

Pour lire les fiches pratiques de la CNIL

La CNIL présente son rapport d’activité pour 2018 et les enjeux pour 2019

Le 15 avril 2019, la CNIL a présenté le bilan de son activité de l’année 2018 et sa stratégie de contrôle pour 2019. Elle a ainsi indiqué vouloir articuler son action autour de la pédagogie et la dissuasion. La CNIL a également annoncé “concentrer son action sur les plaintes et trois grandes thématiques, directement issues de l’entrée en application du RGPD” telles que “la répartition des responsabilités entre les sous-traitants et les donneurs d’ordre” et “les données des mineurs (publication de photos, biométrie et vidéosurveillances dans les écoles, recueil du consentement des parents pour les moins de 15 ans).

Pour lire le communiqué de presse et le rapport annuel de la CNIL