Annulation d’une marque portant atteinte à une dénomination sociale et à un nom de domaine antérieurs

Le 28 février 2020, la Cour d’appel de Paris a annulé une marque portant atteinte à une dénomination sociale et à nom de domaine antérieurs et quasi identiques. Si la marque désignait des produits de l’imprimerie tandis que les droits antérieurs étaient relatifs à des services de photographie, le propriétaire du nom de domaine proposait des impressions de ses photographies sur son site Internet, ce qui, selon la Cour, caractérisait suffisamment la similarité des produits et services en cause, et créait un risque de confusion.

Arrêt non publié

Une société ne peut demander la nullité d’une marque si elle en a toléré l’existence pendant cinq ans

Le 25 février 2020, la Cour d’appel de Paris a jugé irrecevable l'action en nullité de marques sur le fondement de la dénomination sociale antérieure d’une société, aux motifs que la demanderesse avait connaissance du dépôt de ces marques, déposées de bonne foi, et en avait toléré l’usage pendant plus de cinq ans.

Arrêt non publié

Le décret sur l’organisation et le fonctionnement de l’Autorité Nationale des Jeux a été publié

Le 4 mars 2020, le décret n°2020-199 relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’Autorité nationale des jeux (ANJ) a été publié au Journal Officiel. Il prévoit notamment les modalités d’organisation du collège qui administre l’ANJ, définit les pouvoirs de son président et indique que l’ANJ consulte les commissions consultatives permanentes créées par la loi du 12 mai 2010. Son entrée en vigueur est prévue à la date de la première réunion du collège de l’ANJ.

 Pour lire le décret sur Légifrance

Des propos procédant d’une généralisation abusive sont dénigrants et doivent être retirés

Le 5 mars 2020, le Tribunal de Commerce de Versailles, statuant en référé, a ordonné le retrait, sous astreinte journalière, de propos publiés sur un blog alléguant la toxicité des conserves alimentaires. Le juge a relevé que ces propos, fondés sur une source unique dénaturée par une interprétation extensive, manquaient de prudence et de base factuelle et étaient donc dénigrants.

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Des syndicats de l’audiovisuel et du cinéma obtiennent le blocage de 36 sites de streaming illicites

Le 16 janvier 2020, le Tribunal judiciaire de Paris a fait droit à la demande de syndicats représentant les secteurs de l’audiovisuel et du cinéma en ordonnant à plusieurs fournisseurs d’accès à Internet d’empêcher l’accès à 36 sites de streaming illicites. Le Tribunal a jugé que ce blocage ne constituait pas une atteinte disproportionnée à la liberté de recevoir et de communiquer des informations “eu égard à l’importance et à la gravité des atteintes aux droits d’auteur et aux droits voisins constatées”.

Jugement non publié

Le caractère faiblement distinctif de la marque antérieure n’exclut pas le risque de confusion

Par un arrêt du 5 mars 2020, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a annulé une décision du Tribunal de l’Union Européenne concluant à l’absence de risque de confusion entre deux marques au motif que le faible caractère distinctif de la marque antérieure excluait un tel risque de confusion en l’absence de similitude suffisante entre les marques. La Cour a jugé que le Tribunal aurait dû examiner le risque de confusion de manière globale et rechercher si l’identité des produits ne compensait pas la faible similitude entre les marques.

 Pour lire l’arrêt de la CJUE

Un trafic anormal vers des numéros surtaxés entraîne la rétention définitive des reversements

Le 12 février 2020, le Tribunal de commerce de Paris a débouté un hébergeur de services téléphoniques à valeur ajoutée de sa demande de reversement effectuée auprès de l’opérateur téléphonique ayant mis à sa disposition des numéros spéciaux. Le Tribunal a retenu que l’hébergeur avait procédé à des pratiques déloyales pouvant conduire à l’application de sanctions contractuelles prévues en cas de constatation de trafic anormal.

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Le contrôle d’accès au lycée par reconnaissance faciale est illégal

Le 27 février 2020, le Tribunal administratif de Marseille a annulé une délibération du conseil régional de PACA lançant l’expérimentation du contrôle d’accès par reconnaissance faciale. Le Tribunal a jugé que le consentement des lycéens au traitement de leurs données biométriques n’était pas assorti de garanties suffisantes eu égard à l’autorité exercée sur eux par les établissements, et que la région aurait dû démontrer que la fluidification et la sécurisation des contrôles ne pouvaient être atteintes par des moyens moins intrusifs.

Pour lire le jugement sur Legalis.net

La succession de contrats de commande d’une œuvre ne permet pas de caractériser un lien de subordination

Le 12 février 2020, la Cour de cassation a retenu qu’une personne ayant collaboré avec un éditeur dans "le cadre de sept contrats de commande d’une œuvre de contribution à un programme multimédia" ne rapportait pas la preuve d’un lien de subordination avec l’éditeur en l’absence de "contraintes dans ses congés" ou de "directives impératives dans l’exercice de son travail". La Cour a ainsi refusé de reconnaître l’existence d’un contrat de travail à durée indéterminée.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Uber et les chauffeurs sont liés par un contrat de travail

Par un arrêt du 4 mars 2020, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi d’Uber formé contre l’arrêt de la Cour d’appel de Paris qui avait retenu que "le statut de travailleur indépendant [du chauffeur] était fictif et que la société Uber BV lui avait adressé des directives, en avait contrôlé l’exécution et avait exercé un pouvoir de sanction". La Cour a caractérisé un lien de subordination en ce que le chauffeur ne décidait pas librement de l’organisation de son activité, de son itinéraire et de ses tarifs.

Pour lire l’arrêt sur le site de la Cour de cassation