Recommandations du Comité européen de la protection des données (CEPD) sur les transferts de données hors Union européenne

Le 11 novembre 2020, le CEPD a publié des recommandations à destination des organismes souhaitant transférer des données hors Union européenne. Ces recommandations, faisant suite à l’annulation du Privacy Shield, s’articulent en 6 étapes qui permettent de déterminer si des mesures complémentaires doivent être mises en place pour effectuer le transfert de données vers un pays tiers. Ces étapes consistent notamment en l’identification du lieu de transfert des données ou la vérification des garanties mises en place par le pays destinataire.

Pour lire les recommandations du CEPD

Le Conseil d’État rejette le recours d’une plateforme de location immobilière

Le 4 novembre 2020, le Conseil d’État a confirmé la sanction de 400 000 euros prononcée par la CNIL à l’égard d’une plateforme de location immobilière. En effet, le défaut de sécurité du site de la société a permis à des tiers non autorisés d’accéder, par simple modification des adresses URL, à "plusieurs centaines de milliers de documents" comportant des données personnelles des candidats à la location de logement. Ces données étaient également conservées pour une durée excessive au regard de la finalité poursuivie par leur traitement.

Pour lire la décision du Conseil d’État

Le Conseil d’État valide le décret sur l’Authentification en ligne certifiée sur mobile (Alicem)

Le 4 novembre 2020, le Conseil d’État a indiqué que le décret sur la solution d’identité numérique Alicem recourant à la reconnaissance faciale était conforme au RGPD et à la Loi Informatique et Libertés. En effet, le consentement des utilisateurs au traitement de données biométriques était libre car ceux "qui ne consentiraient pas au[dit] traitement peuvent accéder en ligne" aux téléservices, grâce à un identifiant unique généré par un dispositif n’utilisant pas la reconnaissance faciale. Ainsi, "le préjudice au sens du [RGPD]" n’est pas caractérisé.

Pour lire la décision du Conseil d’État

La CNIL publie sa position sur l’application « TousAntiCovid »

Le 23 octobre 2020, la CNIL a indiqué que le déploiement de l’application de traçage des cas contacts, remplaçant "StopCovid", "ne nécessitait pas de saisine obligatoire de la CNIL dès lors qu’aucune modification substantielle touchant au traitement de données personnelles n’a été mise en œuvre dans le cadre de l’utilisation [de la nouvelle application]". Celle-ci reprend en effet le protocole antérieur "conçu dans une logique de minimisation des données et de protection dès la conception".

Pour lire le communiqué de la CNIL

   

La CNIL adopte un référentiel relatif à l’agrément des organismes de contrôle des codes de conduite

Le 24 juillet 2020, la CNIL a publié un référentiel concernant les organismes chargés du contrôle des codes de conduite. Afin qu’ils puissent obtenir l’agrément leur permettant d’effectuer de tels contrôles, la CNIL indique qu’ils doivent notamment satisfaire à des exigences relatives à l’indépendance, à l’absence de conflit d’intérêts, au niveau d’expertise requis ou au traitement des plaintes. La durée de cet agrément est fixée à cinq ans, renouvelables après "un réexamen de l’éligibilité de l’organisme" par la CNIL.

Pour lire la délibération de la CNIL

Application « StopCovid » : la CNIL met en demeure le Ministère des Solidarités et de la Santé

Le 16 juillet 2020, à la suite de trois contrôles portant sur le traitement des données personnelles dans le cadre de l’application "StopCovid", la CNIL a mis en demeure le Ministère des Solidarités et de la Santé de se conformer au RGPD. La CNIL a notamment constaté des manquements aux obligations "de traiter les données conformément au décret du 29 mai 2020", "d’informer les personnes concernées et d’obtenir [leur consentement]" et "d’encadrer par un acte juridique formalisé les traitements effectués par les sous-traitants".

Pour lire la décision de la CNIL

L’obligation de dépôt des comptes annuels d’une SASU ne porte pas une atteinte disproportionnée aux données personnelles de son président

Le 24 juin 2020, la Cour de cassation a jugé que l’injonction faite au président-associé d’une société de déposer les comptes annuels de celle-ci ne porte pas une atteinte disproportionnée à ses données personnelles dans la mesure où le patrimoine de l’associé, au demeurant distinct de celui de la société, "n’est qu’indirectement et partiellement révélé". La Cour a donc considéré que l’atteinte était "proportionnée au but légitime de détection et de prévention des difficultés des entreprises".

Pour lire l'arrêt sur Légifrance

La CNIL publie un guide « tiers autorisés »

Le 10 juillet 2020, la CNIL a publié un guide pratique à destination des professionnels faisant l’objet de demandes de renseignements ou de documents de la part d’autorités. Afin qu’ils respectent les obligations de sécurité et de confidentialité des données qui leur incombent en tant que responsables de traitement, la CNIL leur recommande de vérifier le fondement légal et le périmètre des demandes ainsi que la qualité de leur émetteur, et d’y répondre de manière sécurisée.

Pour lire le guide et le recueil de procédures

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) invalide le Privacy Shield

Par arrêt préjudiciel du 16 juillet 2020, la CJUE a invalidé la décision de la Commission européenne ayant constaté l’adéquation de la protection des données personnelles offerte par le Privacy Shield. La CJUE a considéré que les Etats-Unis n’encadraient pas suffisamment l’accès par les autorités américaines aux données transférées et ne conféraient pas aux personnes concernées de droits opposables devant les tribunaux américains. Elle a toutefois considéré que les clauses contractuelles types demeuraient valides.

Pour lire l'arrêt de la CJUE

Une commune enjointe de cesser d’utiliser des caméras thermiques

Par ordonnance du 26 juin 2020, le Conseil d’État a considéré que les données recueillies par caméras thermiques, dès lors qu’elles concernent des personnes identifiables et qu’elles permettent d’apprécier leur état de santé, constituent des données personnelles. Il a donc ordonné à une commune, qui ne démontrait pas l’existence d’un intérêt public important et n’avait pas recueilli le consentement libre, spécifique et éclairé de ses administrés, de mettre fin à leur utilisation.

Pour lire la décision du Conseil d’État