Refus de transmission d’une QPC en matière de sanction du droit de rétractation du consommateur

Par un arrêt du 5 juillet 2017, la Cour de cassation a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel la QPC mettant en cause la constitutionnalité de l’article L. 242-4 du Code de la consommation, lequel institue, en cas de défaut de restitution par le professionnel de l’acompte versé par le consommateur qui exerce son droit de rétractation, une sanction sous forme de majoration du taux d’intérêt. La Haute Juridiction a considéré que cette sanction “ne [privait] pas le professionnel du droit à un recours effectif, dès lors que celui-ci [pouvait] engager une action devant une juridiction pour obtenir restitution des sommes qu'il aurait indûment remboursées au consommateur ou contester, en défense, la demande en paiement de ce dernier”, et qu’elle constituait “une mesure propre à assurer la protection des consommateurs et à garantir l’effectivité de cette protection, en ce qu’elle [était] dissuasive”.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Rapport final de la Commission européenne relatif à l’enquête sectorielle sur le commerce électronique

Le 10 mai 2017, la Commission européenne a publié les résultats de son enquête sectorielle sur le commerce électronique des biens de consommation et contenus numériques. S’agissant des biens de consommation, elle relève que “la croissance de ce type de commerce au cours des dix dernières années a eu un effet significatif sur les stratégies de distribution des entreprises et le comportement des clients”, en accroissant notamment la transparence et la concurrence des prix, entraînant “une présence accrue des fabricants au niveau du commerce de détail et (…) un recours plus fréquent à des accords ou à des pratiques concertées entre fabricants et détaillants (…), ce qui affecte la concurrence entre détaillants vendant la même marque”. S’agissant des contenus numériques, elle note que “des pratiques de concession de licences complexes se sont développées au fil du temps (…) [et que] les principaux problèmes de concurrence (…) concernent certaines restrictions contractuelles figurant dans des contrats de licence”, notamment en matière de blocage géographique et eu égard à la longue durée de ces contrats, ce qui peut “rendre plus difficile l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché”.

Pour lire le rapport final de la Commission européenne

Condamnation d’un site de vente de parfums en ligne pour parasitisme et dénigrement

Une société parmi les plus grands producteurs mondiaux de parfums avait assigné en concurrence déloyale et parasitisme une société de vente de parfums en ligne au motif que cette dernière reproduisait le nom de certaines de ses marques ainsi que de parfums de luxe créés sous ces marques afin de promouvoir ses propres parfums. Par un arrêt du 17 mars 2017, la Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de première instance en ce qu’il avait condamné la défenderesse sur le fondement du parasitisme et du dénigrement, estimant qu’en créant “pour chacun de ses parfums une fiche identitaire ayant pour support un parfum et une marque bénéficiant d’une notoriété qui n’est pas contestée et dont la [demanderesse] est titulaire ou licenciée”, la défenderesse s’était immiscée dans son sillage, profitant de cette notoriété et des investissements réalisés. En outre, la Cour a considéré que les propos publiés sur son site, selon lesquels “à la différence de la concurrence elle n’introduit que 5% de marketing dans le prix de ses produits”, constituaient des propos dénigrants “qui dissimulent la réalité et jettent le discrédit sur les pratiques commerciales de la concurrence”.

Pour lire l’arrêt sur Legalis.net

Caractérisation d’une sous-location illicite d’un logement via un site internet

Une société reprochait à d’anciens locataires à qui elle avait donné un appartement à bail de l’avoir sous-loué de manière illicite par l’intermédiaire d’un site internet. Ces derniers ne reconnaissaient que des sous-locations ponctuelles, contestant avoir eu recours à ce site internet de manière habituelle et spéculative. Par un jugement du 31 mars 2017, le Tribunal d’instance du 20ème arrondissement de Paris a accédé aux demandes de la société, estimant qu’“il ressort[ait] (…) du constat d’huissier (…) que diverses affichettes en anglais [avaient] été apposées à plusieurs endroits de l’appartement afin d’y préciser les règles de conduite souhaitées (…), et que les documents d’identité de six ressortissantes néerlandaises [avaient été] retrouvés dans les lieux”, ainsi qu’un relevé bancaire établi au nom du locataire “portant la trace de onze règlements perçus par l’intermédiaire du site internet”. Cependant, le Tribunal n’a pas accédé à la demande de dommages et intérêts de la demanderesse, celle-ci n’ayant pas établi son préjudice personnel.

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Absence de contrefaçon de marque par utilisation de mots-clés sans risque de confusion

Une société de vente en ligne reprochait à une concurrente d’avoir utilisé sa marque comme mot clé pour le référencement de son site internet, et ce sans avoir défini ce mot clé et ses expressions apparentées comme mots clés négatifs. Par un arrêt du 28 février 2017, la Cour d’appel de Versailles, confirmant le jugement rendu par le TGI de Nanterre, a estimé “qu'il n'y a[vait] pas lieu de débattre du choix des mots clés qui auraient été sélectionnés (…) dès lors que le titulaire de la marque ne peut s'opposer à l'usage par un tiers d'un signe identique ou similaire à titre de mot clé que si cet usage porte atteinte aux fonctions de la marque”. Or, elle constate que l’annonce du site de la concurrente “ne fai[sai]t aucune référence à la marque [de la demanderesse] ou à des expressions qui lui seraient associées” et que “la mention apposée au-dessus [de ce lien] [était] due à la seule présentation du site Google que connaît l’internaute utilisant le système des mots clés”, de telle sorte qu’il n’existait pas de risque de confusion et par conséquent pas de contrefaçon de marque. Les demandes formulées au titre de la concurrence déloyale et du parasitisme ont également été rejetées.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Opération « coup de balai » à l’encontre de sites de réservation de voyages en ligne

Le 7 avril 2017, ont été publiés les résultats d’un contrôle coordonné mené par la Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs auprès de 352 sites de réservation de voyages en ligne. Cette opération visait à s’assurer du respect par les professionnels de la législation relative à la protection des consommateurs. Les résultats font notamment apparaître un manque de fiabilité des prix, et à ce titre la Commission relève que “dans un tiers des cas, le prix affiché en premier lieu n’est pas le même que le prix final”, dans un cinquième des cas, les offres promotionnelles n’étaient pas réellement disponibles” ou encore que “dans près d’un tiers des cas, le prix total ou la manière dont ce dernier était calculé manquait de clarté”. Elle note toutefois qu’en matière de publicité et de marketing, “seuls 2,8% des sites contenaient des irrégularités”. La réseau de coopération en matière de protection des consommateurs entend contacter les professionnels en situation d’irrégularité et prévient que “les autorités nationales pourront engager des procédures administratives ou judiciaires” à l’encontre des opérateurs qui ne les corrigeraient pas.

Pour lire le communiqué de presse de la Commission

Identification du caractère publicitaire d’annonces payantes

Par un arrêt du 17 mars 2017, la Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement du tribunal de commerce de Paris qui avait condamné un site comparateur, sous astreinte de 2 000 € par jour de retard, à identifier le caractère publicitaire des annonces payantes de marchands et de produits diffusées sur ses sites partenaires, ainsi que dans les balises “titres”, “description” et “alt” de ces sites, en vue de leur référencement par les moteurs de recherches. Selon la Cour, l’ajout de mentions telles que “Annonces Shopping“ ne suffisait pas à identifier le caractère publicitaire des contenus, “les termes utilisés par [le comparateur] demeur[ant] en effet ambigus et ne permett[ant] pas de déterminer qu’il s’agi[ssai]t d’une publicité“, ce qui constituait une pratique trompeuse au sens de l’article L. 121-2 du Code de consommation, “sans qu’il soit nécessaire d’apporter la preuve d’une altération du comportement des consommateurs”.

Pour lire l’arrêt sur Legalis.net

Applicabilité du droit de rétractation à un professionnel

Une auto-entrepreneur dans le domaine de l’architecture avait conclu un contrat pour la création d’un site internet destiné à promouvoir son activité. Le prestataire lui reprochait d’y avoir finalement mis un terme après 47 jours. La Cour d’appel de Douai, par un arrêt du 23 mars 2017, a confirmé le jugement qui avait considéré que la cliente avait valablement exercé son droit de rétractation et ainsi annulé le contrat. Elle estime que ce contrat avait effectivement un rapport direct avec l’activité de la cliente mais qu’il n’entrait pas pour autant dans le champ de son activité, dès lors que “le simple fait que le service commandé serve l’activité professionnelle de la personne sollicitée ne conf[érait] à celle-ci aucune qualité de nature à rééquilibrer les rapports contractuels” entre “le professionnel connaissant parfaitement le service qu’il propose et un tiers, ignorant dans ce domaine”. Ainsi, la cliente disposait conformément au Code de la consommation d’un droit de rétractation de quatorze jours, augmenté de douze mois dès lors que les informations relatives à ce droit ne lui avaient pas été fournies.

 Arrêt non publié

Décret relatif au secret des correspondances électroniques privées

Le 30 mars 2017 a été publié au Journal Officiel le décret d’application de l’article L.32-3 du Code des postes et des communications électroniques modifié par la loi pour une République numérique, qui interdit le “traitement automatisé d'analyse, à des fins publicitaires, statistiques ou d'amélioration du service apporté à l'utilisateur, du contenu de la correspondance en ligne, de l'identité des correspondants”  sauf “si le consentement exprès de l'utilisateur est recueilli” à une périodicité précise. Le décret, en date du 28 mars 2017, a fixé cette périodicité à un an. Pour les traitements mis en place avant l’entrée en vigueur du décret, le premier consentement de l’utilisateur devra être recueilli dans les six mois suivant cette date d’entrée en vigueur.

Pour lire le décret sur Légifrance

Exclusion du bénéfice de la TVA à taux réduit pour les livres numériques fournis par voie électronique

Par un arrêt du 7 mars 2017, la CJUE a statué sur une question préjudicielle de la Cour constitutionnelle polonaise relative à l’exclusion, par la directive du 28 novembre 2006 relative au système commun de TVA, du bénéfice de la TVA à taux réduit pour les livres numériques fournis par voie électronique, alors que celle-ci s’applique à ceux fournis sur tous types de supports physiques. La Cour constate tout d’abord que les dispositions de la directive doivent être regardées comme instaurant une différence de traitement entre deux situations comparables dès lors que les livres diffusés par voie électronique et les livres numériques sur support physique poursuivent un objectif comparable. Elle rappelle qu’une telle différence peut se justifier si la mesure en cause poursuit un objectif légalement admissible, et estime qu’en l’espèce, elle l’est par la nécessité de remédier à l’insécurité juridique générée par les évolutions relatives aux services électroniques en établissant avec certitude un taux de TVA applicable à ces services.

Pour lire l’arrêt sur le site de la CJUE