Absence de qualification de l’activité de mise en relation entre expéditeurs et coursiers

Par une ordonnance de référé du 12 mai 2016, le Président du TGI de Paris a considéré qu’il ne pouvait statuer sur le point de savoir si une société qui exploitait une plateforme de mise en relation entre expéditeurs et coursiers pour le transport de plis ou de colis était “un commissionnaire de transport, tenu (…) de s’inscrire au registre des commissionnaires de transports, ou un simple auxiliaire de transport, qui pourrait alors exercer son activité sans être assujetti à ces mêmes obligations”. Le Président du TGI a considéré que l’activité de la société, qui ne s’insérait de manière évidente dans aucune des catégories professionnelles proposées, créait une “contestation sérieuse sur le point de savoir si la défenderesse enfreint, ou non, les règles légales qui s’imposeraient à son exercice, dont l’issue excède les pouvoirs du juge des référés”, et a donc dit n’y avoir lieu à référé.

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Adoption par le Parlement Européen d’une résolution sur la technologie du “blockchain”

Par une résolution du 26 mai 2016 sur les monnaies virtuelles, le Parlement Européen a souligné que les monnaies virtuelles et la “technologie des registres distribués” sur laquelle elles sont fondées sont “susceptibles de contribuer positivement au bien-être des citoyens et au développement économique” mais a également rappelé que ces systèmes présentaient des risques devant être “soigneusement examinés, de manière à améliorer leur fiabilité”. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une “réglementation intelligente encourageant l’innovation et préservant l’intégrité”.

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Commerce électronique et obligation de médiation des litiges de consommation

Le décret n°2015-1382 d’application de l’ordonnance qui a transposé en droit français la directive européenne 2013/11 du 21 mai 2013 relative au règlement extra-judiciaire des litiges de consommation a été publié le 31 octobre 2015. Désormais, les professionnels responsables de sites marchands doivent adapter leurs sites afin de communiquer aux consommateurs les coordonnées du ou des médiateurs de la consommation dont ils relèvent, en les inscrivant de manière visible et lisible sur leurs sites, sur leurs conditions générales de vente ou de service, sur leurs bons de commande ou sur tout autre support adapté.

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Qualification d’actes de commerce pour des ventes par un particulier sur une Marketplace

Par un jugement du 7 septembre 2015, le Tribunal d’instance de Paris a considéré que des ventes effectuées par un particulier sur une plateforme internet de mise en relation de vendeurs et d’acheteurs pour un revenu mensuel d’environ 222 euros sont constitutives d’actes de commerce, c’est-à-dire “d’acte[s] qui réalise[nt] une entremise dans la circulation des richesses, effectuée dans l’intention de réaliser un profit pécuniaire”. En effet, le Tribunal a jugé qu’“un [tel revenu], nonobstant l’importance de cette somme qui, en tout état de cause, ne saurait être considérée comme négligeable, caractérise bien l’existence d’un profit pécuniaire incontestable”. Par conséquent, le Tribunal d’instance s’est déclaré incompétent au profit du Tribunal de commerce pour statuer sur les demandes du particulier contre la Marketplace.

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Modification des modalités d’exercice du droit de rétractation pour les contrats de vente à distance

Conformément à l’article L. 121-21 du Code de la consommation, le consommateur bénéficie d’un droit de rétractation de 14 jours en matière de vente à distance, de démarchage téléphonique et de vente conclus hors établissement. Ce délai court à compter de la conclusion du contrat pour les contrats de prestation de services et à compter de la réception du bien pour les contrats de vente de biens et les contrats de prestation de services incluant la livraison de biens. La loi du 6 août 2015 dite “loi Macron” a modifié cet article et restreint la faculté pour le consommateur de se rétracter d’un contrat à compter du jour de sa conclusion aux “contrats conclus hors établissement”. Ainsi, dans les contrats conclus à distance incluant la livraison d’un bien, le consommateur ne pourra exercer son droit de rétractation qu’à réception du bien.

Pour lire l’article sur Légifrance

Obligations précontractuelles d’information des plateformes d’intermédiation en ligne

La loi du 6 août 2015 dite « loi Macron » a ajouté au Code de la consommation un article L.111-5-1 qui prévoit que toute personne procédant à de l’intermédiation par voie électronique, que ce soit pour la fourniture d’un bien ou d’un service, doit délivrer “une information loyale, claire et transparente sur les conditions générales d’utilisation du service d’intermédiation et sur les modalités de référencement, de classement et de déréférencement des offres mises en ligne”. Lorsque seuls des consommateurs ou des non-professionnels sont mis en relation, la plateforme d’intermédiation “est également tenue de fournir une information loyale, claire et transparente sur la qualité de l’annonceur et les droits et obligations des parties en matière civile et fiscale”. Enfin, lorsque le service met en relation des professionnels et des consommateurs, elle doit mettre à disposition des premiers un espace leur permettant de communiquer aux consommateurs certaines informations prévues par l’article L.121-17 du Code de la consommation.

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Un courriel contenant une demande de précisions peut être considéré comme une commande formelle

Dans un arrêt du 1er juillet 2015, la Cour de cassation a considéré qu’un message adressé à un expert-comptable par une société lui demandant des précisions sur un régime fiscal, “appelait une réponse étudiée du professionnel consulté”, et que par conséquent, “il constituait, en termes clairs et précis, une commande de consultation”. En l’espèce, le cabinet d’expertise comptable avait assigné en paiement la société qui contestait la facture correspondant à la consultation adressée et répondant aux questions posées dans le message électronique. La Cour a ainsi cassé le jugement du Tribunal de commerce de Nanterre qui avait retenu que cette demande ne pouvait être considérée comme  une commande formelle.

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Clauses d’alignement tarifaire et déséquilibre significatif

Par un jugement du 7 mai 2015, le Tribunal de Commerce de Paris a prononcé la nullité des clauses dites “d’obtention automatique des meilleures conditions tarifaires” insérées dans des contrats conclus entre des sites de réservation hôtelière et des établissements hôteliers français au sens de l’article 442-6-I 2° du Code de commerce. Considérant que la loi anglaise, choisie par les parties, était applicable aux contrats, le Tribunal a toutefois jugé que l’article L.442-6-I 2° avait vocation à régir la situation d’espèce à raison de son caractère de loi de police. Les juges ont ainsi constaté que les clauses litigieuses créaient un avantage injustifié au profit des sites de réservation qui n’achetaient ni ne revendaient de nuitées, et ne supportaient donc aucun risque lié à la réservation d’une chambre.

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Acceptation par “clic” de conditions générales de vente et clause attributive de juridiction

Un concessionnaire automobile ayant acheté un véhicule sur un site internet contestait la validité de la clause attributive de juridiction contenue dans les conditions générales de vente dudit site, estimant qu’elle ne revêtait pas une “forme écrite” conformément aux prescriptions de l’article 23, § 1, a), du règlement Bruxelles I. Dans un arrêt du 21 mai 2015, la CJUE a donc statué à titre préjudiciel sur la question de savoir si “la technique d’acceptation par “clic”, par laquelle l’acheteur accède aux conditions générales de vente figurant sur un site Internet en cliquant sur un hyperlien qui ouvre une fenêtre”, constituait une “transmission par voie électronique permettant de consigner durablement cette convention” considérée comme revêtant une forme écrite. La CJUE a répondu que c’était bien le cas “lorsque cette technique rend[ait] possible l’impression et la sauvegarde du texte [des conditions générales] avant la conclusion du contrat”.

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Compétence des juridictions françaises pour un litige Facebook

Par une ordonnance du 5 mars 2015, le juge de la mise en état du TGI de Paris a considéré que le TGI de Paris était compétent pour statuer sur le litige introduit par un internaute français au mépris de la clause attributive de compétence prévue dans les conditions générales de Facebook, attribuant compétence aux juridictions de l’Etat de Californie. La société Facebook avait demandé au juge de la mise en état de déclarer le TGI de Paris incompétent au profit des juridictions californiennes. Le juge a d’abord considéré que le contrat souscrit était un contrat de consommation soumis à la législation sur les clauses abusives. Il a ensuite jugé que la clause devait être déclarée abusive et réputée non écrite dès lors qu’elle avait pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les parties ainsi qu’une entrave à l’exercice, par un utilisateur français, de son action en justice.

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