Réforme du régime des entrepreneurs de spectacles vivants

Le 4 juillet 2019, l’ordonnance n°2019-700 du 3 juillet 2019 relative aux entrepreneurs de spectacles vivants a été publiée. Ce texte modifie le régime juridique relatif à l'activité d'entrepreneur de spectacles vivants. Ainsi, l’exigence d’une licence est remplacée par une obligation de déclaration préalable et les sanctions attachées à l’exercice illégal de cette activité ne seront plus de nature pénale, mais administrative.  L’ordonnance entrera en vigueur au 1er octobre 2019.

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Un site internet condamné pour contrefaçon de marque dans le cadre de son référencement naturel

Par un arrêt du 5 mars 2019, récemment publié, la Cour d’appel de Paris a condamné un site internet de vente de produits en ligne pour contrefaçon d’une marque dans le cadre de son référencement naturel sur Google. La Cour a jugé que la répétition du signe dans le titre de la page, dans l’adresse URL et dans l’extrait de la page affiché sur le moteur de recherche portait “atteinte à la fonction d’origine de la marque, en ce qu’elle [était] de nature, s’agissant d’un référencement naturel, à laisser l’internaute normalement informé et raisonnablement attentif penser que des produits [de la marque litigieuse] lui ser[aient] proposés sur ce site”.

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Les propos d’un Maire via son compte Facebook personnel ne relèvent pas de son activité en tant qu’agent public

Le Maire d’une commune avait utilisé son compte Facebook pour publier, sur la page Facebook de sa commune, des propos jugés diffamatoires par la personne à laquelle ils se rapportaient. Après avoir été assigné devant les juridictions judiciaires, le Maire faisait valoir une incompétence, en faveur du tribunal administratif, en raison de sa qualité d’agent public. Par une ordonnance du 19 juin 2019, le juge de la mise en état du Tribunal de Grande Instance de Paris a rejeté les prétentions du Maire et a retenu la compétence des juridictions judiciaires en jugeant qu’il convenait “d’examiner le compte Facebook, à partir duquel ont été publiés les passages litigieux” pour apprécier la nature du comportement reproché, peu important que “les propos aient été publiés sur la page Facebook de la commune”

 

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La rupture sans préavis justifiée par une inexécution contractuelle

Un opérateur de téléphonie reprochait à son prestataire, chargé de régulariser des conventions d'établissement et d'entretien du réseau de très haut débit en fibre optique, plusieurs manquements contractuels tels que le renseignement incomplet des conventions ou leur résiliation hors délai. A la suite de la notification de son intention de pas renouveler leur relation, le prestataire a assigné l’opérateur sur le fondement de la rupture brutale des relations commerciales établies. Par un arrêt du 14 juin 2019, la Cour d’appel de Paris a jugé que “les dysfonctionnements imputés [au prestataire] (…) précédemment notifiés par courriel (…) constitu[aient] une inexécution contractuelle d’une particulière gravité justifiant une résiliation sans préavis”.

  Arrêt non publié

Accès aux données de connexion par les agents de l’Autorité de la Concurrence

L’article 212 de la loi PACTE, promulguée le 22 mai 2019, a créé l’article L. 450-3-3 du Code de commerce permettant aux agents des services d’instruction de l’Autorité de la concurrence, dans le cadre des enquêtes de concurrence, d’accéder aux données techniques conservées et traitées par les opérateurs de télécommunication, les fournisseurs d’accès à internet et les prestataires de services d’hébergement. Cet accès doit faire l’objet d’une demande d’autorisation préalable, effectuée auprès d'un contrôleur des demandes de données de connexion représenté alternativement par un membre du Conseil d’Etat ou un magistrat de la Cour de cassation, élu pour une durée de quatre ans, non renouvelable.

Pour lire l’article L450-3-3 du Code de commerce et la loi PACTE sur Légifrance

Le Tribunal de l’UE confirme la nullité de l’enregistrement d’une marque figurative d’un équipementier sportif

Par un arrêt du 19 juin 2019, le Tribunal de l’UE a confirmé la décision de la chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle qui avait annulé l’enregistrement d’une marque consistant en ”trois bandes parallèles équidistantes de largeur égale appliquées sur le produit dans n’importe quelle direction“. Le Tribunal a jugé que “la chambre de recours n’a[vait] pas commis d’erreur en prenant en compte le caractère extrêmement simple de la marque en cause”, et en relevant que “la requérante n’avait pas prouvé que la marque en cause avait acquis, dans l’ensemble du territoire de l’Union, un caractère distinctif à la suite de l’usage qui en avait été fait”.

Pour lire l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne

Le droit d’usufruit spécial du conjoint survivant ne s’étend pas aux exemplaires originaux d’une œuvre

La veuve d’un sculpteur, titulaire de l’usufruit du droit d’exploitation des œuvres de son mari, avait vendu, sans l’accord préalable des enfants du sculpteur, des tirages en bronze posthumes numérotés. Par un arrêt du 22 mai 2019, la Cour de cassation a jugé que la veuve du sculpteur n’était “pas en droit d’aliéner les tirages en bronze sans l’accord des nus-propriétaires” aux motifs “que les tirages en bronze numérotés ne [relevaient] pas du droit de reproduction, de sorte qu’ils n’entr[aient] pas dans le champ d’application de l’usufruit du droit d’exploitation dont bénéficie le conjoint survivant”. La Cour a ainsi jugé que “le droit d’usufruit spécial dont le conjoint survivant [était] titulaire ne s’étend[ait] pas aux exemplaires originaux”.

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La reproduction partielle d’une sculpture à titre humoristique pour illustrer un article de presse constitue une parodie

La veuve d’un sculpteur avait assigné en contrefaçon l’éditeur d’un hebdomadaire pour avoir publié un photomontage reproduisant partiellement l’œuvre de son époux. Par un arrêt du 22 mai 2019, la Cour de cassation a approuvé les juges du fond qui avaient retenu que “le photomontage incriminé, qui reprodui[sait] partiellement l’œuvre en y adjoignant des éléments propres, ne [générait] aucune confusion avec l’œuvre” du sculpteur et “constituait une métaphore humoristique (…), destinée à illustrer le propos de l’article, peu important le caractère sérieux de celui-ci” de sorte que “la reproduction litigieuse caractérisait un usage parodique”.

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L’éditeur d’un guide gastronomique qualifié de producteur de base de données

Une société française spécialisée dans la pneumatique et éditrice d’un guide gastronomique reprochait à une société britannique exploitant un site internet de réservation de restaurants d’avoir notamment reproduit des données provenant de son guide. Par un arrêt du 2 avril 2019, la Cour d’appel de Paris a jugé que la société française ne détenait pas de droit d’auteur sur cette base de données constituée par le guide au motif qu’elle n’établissait pas “que le choix ou la disposition des matières dans la base de données [révélait] une expression originale”. La Cour lui a toutefois reconnu la qualité de producteur de base de données au sens des articles L. 341-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle en raison des investissements substantiels engagés pour la constitution, la vérification ou la présentation de cette base.

Arrêt non publié

Nullité de l’enregistrement par un tiers d’une marque reprenant le nom d’un footballeur

Par un arrêt du 14 mai 2019, le tribunal de l’Union européenne a confirmé la décision de l’EUIPO qui avait fait droit à la demande formée par un footballeur tendant à l’annulation de l’enregistrement d’une marque identique à son nom. Le tribunal a relevé que “la marque contestée [était] uniquement composée [d’un] élément verbal […], lequel [était] identique au nom sous lequel l’intervenant [avait] acquis une renommée internationale dans le monde du football”. Il a ainsi jugé que l’EUIPO avait pu valablement “déduire (…) que, par sa demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne, la logique commerciale du requérant était en réalité d’exploiter de manière parasitaire la renommée de l’intervenant et de tirer avantage de celle-ci”.

Pour lire l’arrêt du tribunal de l’UE