Absence d’atteinte à la vie privée par l’ouverture de fichiers d’un employé non identifiés comme privés

Une personne avait sollicité que son licenciement, prononcé sur le fondement de fichiers figurant sur le disque dur de son ordinateur professionnel, soit déclaré dénué de cause réelle et sérieuse, au motif que l’ouverture de ces fichiers par son employeur en son absence avait porté atteinte à sa vie privée. Dans un arrêt du 22 février 2018, la Cour européenne des droits de l’homme, saisie suite au rejet de cette demande par le juge français, a jugé qu’il n’y avait pas eu atteinte à la vie privée au sens de l’article 8 de la CEDH, considérant que les fichiers litigieux n’avaient pas été clairement identifiés comme privés, alors qu’il était prévu dans la charte utilisateur que "les informations à caractère privé [devaient] être clairement identifiées comme telles".

Pour lire l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme

Insuffisance des garanties prévues par la législation hongroise sur la surveillance antiterroriste

Statuant sur le recours de deux membres d’une ONG s’estimant exposés au risque de faire l’objet de mesures injustifiées et exagérément intrusives en application de la législation hongroise sur les opérations secrètes de surveillance antiterroriste, la CEDH a considéré par un arrêt de chambre du 12 janvier 2016 que cette législation violait l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme sur le droit au respect de la vie privée. La CEDH a jugé que les formes prises par le terrorisme pouvaient avoir pour conséquence un recours par les gouvernements à des technologies de pointe, notamment à des techniques de surveillance massive des communications. Cependant, elle a considéré que la législation hongroise ne prévoyait pas de garanties suffisamment précises, effectives et complètes en ce qu’elle ne décrivait pas les catégories de personnes susceptibles de voir leurs communications interceptées et qu’une telle mesure pouvait être ordonnée par le pouvoir exécutif sans aucun contrôle judiciaire.

Pour lire l’arrêt (en anglais) de la CEDH