Application du droit sui generis des bases de données à un site de petites annonces

DDans un jugement rendu le 1er septembre 2017, le TGI de Paris a reconnu qu'un site de petites annonces dont l’exploitant agissait à l’encontre d’une société sur le fondement du droit sui generis des bases de données constituait bien une base de données au sens du Code de la Propriété Intellectuelle (CPI), et que ledit exploitant avait donc la qualité de producteur de base de données au sens du même code. En l’espèce, la défenderesse avait souscrit auprès d’un sous-traitant un service de piges lui fournissant toutes les nouvelles annonces, y compris celles publiées sur le site du demandeur, reprises sans autorisation. Le TGI a considéré "qu’en procédant à l’extraction ou la réutilisation répétée et systématique de parties qualitativement ou quantitativement non substantielles du contenu de la base de données [du demandeur], [la défenderesse] avait porté atteinte à son droit de producteur de ladite base".

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Usage commercial de bases de données : validité des limitations contractuelles

Dans un arrêt du 15 janvier 2015, la CJUE a statué à titre préjudiciel sur une question soulevée dans le cadre d’un contentieux relatif à une compagnie aérienne qui reprochait à un comparateur de prix d’avoir utilisé les données de son site internet à des fins commerciales, en violation de ses conditions générales. La question était de savoir si la directive 96/9/CE sur la protection juridique des bases de données s’appliquait aux bases de données qui ne sont protégées ni par le droit d’auteur, ni par le droit sui generis, et si l’utilisation d’une telle base de données par des tiers pouvait être contractuellement limitée. La CJUE a considéré que la directive n’était pas applicable à une telle base de données et en a déduit qu’il n’était pas fait “obstacle à ce que [son] créateur (…) établisse des limitations contractuelles à l’utilisation de celle-ci par des tiers".

Pour lire l’arrêt de la CJUE