Condamnation d’un FAI pour blocage d’e-mails

Par une ordonnance de référé du 20 janvier 2016, le Président du Tribunal de commerce de Paris a ordonné à un FAI de débloquer les serveurs d’adresses IP d’une société spécialisée dans la gestion pour professionnels de courriers électroniques de masse, alors qu’il empêchait à cette dernière de communiquer par courriel avec les clients du FAI. Le Tribunal a relevé qu’aucune disposition législative ou réglementaire n’autorisait un FAI à supprimer de sa propre initiative et selon ses propres critères des messages qu’il qualifierait lui-même de spams. Le Tribunal a également rappelé que le FAI devait assurer ses services sans discrimination quelle que soit la nature des messages transmis.

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Blocage abusif de pages Facebook : réparation du préjudice commercial

Par un arrêt du 18 décembre 2014, la Cour d’appel de Lyon a condamné une société de vente en ligne au versement de la somme de 20 000 euros en réparation du préjudice subi par son concurrent du fait d’un blocage abusif de ses deux pages Facebook. La Cour a considéré que ce blocage, dû au signalement opéré par la société, avait causé un préjudice commercial à son concurrent en lui faisant perdre, pendant près d’un an, l’exposition dont il bénéficiait auparavant sur ce réseau social.

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Blocage en référé de sites internet offrant des services financiers

Par une ordonnance de référé du 22 septembre 2014, le Président du Tribunal de grande instance de Paris a ordonné le blocage depuis la France de deux sites internet suisses offrant des services financiers en langue française alors qu’ils ne disposaient pas de l’agrément pour exercer une telle activité en application des dispositions du Code monétaire et financier. Après avoir mis en demeure les principaux FAI français, l’éditeur et les hébergeurs de ces sites d’en empêcher l’accès depuis la France, le Président de l’Autorité des marchés financiers a saisi le juge des référés. Celui-ci a enjoint les hébergeurs de ces sites de "mettre en œuvre toute mesure propre à empêcher l'accès, à partir du territoire français, au contenu" des sites litigieux dans un délai de huit jours à compter de la signification de l’ordonnance. En cas d'inexécution, l’ordonnance ajoute que cette obligation incombera subsidiairement aux FAI français. Pour lire l’ordonnance sur Legalis.net

Injonction faite à un FAI de blocage de contenu contrefaisant : conformité au droit de l’UE

Dans un arrêt du 27 mars 2014, la CJUE a statué à titre préjudiciel sur la question de savoir si l'injonction faite à un FAI de bloquer à ses clients l'accès à un site web dont le contenu viole le droit d'auteur est conforme à la directive 2001/29 sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information. En l'espèce, un FAI auquel il avait été fait injonction de bloquer l'accès à un site contestait, devant la cour suprême autrichienne, être soumis à la disposition fondant l'injonction. La Cour rappelle que la directive 2001/29 vise à garantir un niveau élevé de protection et qu'un FAI qui fournit l'accès au réseau permettant la transmission d'une œuvre contrefaisante "est un intermédiaire dont les services sont utilisés pour porter atteinte à un droit d'auteur ou à un droit voisin au sens de l'article 8 § 3 de la directive 2001/29". Elle arbitre ensuite le conflit entre protection du droit d'auteur et liberté d'entreprendre en constatant qu'un juste équilibre entre ces droits est atteint lorsque l'injonction faite au FAI lui "laisse le soin de déterminer les mesures concrètes à prendre pour atteindre le résultat visé" et qu'il a la possibilité de "s'exonérer de sa responsabilité en prouvant qu'il a pris toutes les mesures raisonnables."

Pour lire l'arrêt de la CJUE.

Blocage d’accès et déréférencement de sites de streaming

Dans une décision en la forme des référés du 28 novembre 2013, le TGI de Paris a fait droit aux demandes de professionnels du cinéma fondées sur l’article L336-2 du Code de la propriété intellectuelle et a ordonné à des FAI et à des moteurs de recherches de bloquer l’accès et de déréférencer le réseau de sites « allostreaming ». Le Tribunal a considéré que ces sites portaient atteinte au droit de représentation des auteurs en proposant le visionnage d’œuvres sans autorisation des titulaires de droit.

Pour lire la décision sur Legalis.net.