Mise à disposition de données personnelles d’abonnés téléphoniques

Une société belge fournissant des services d’annuaire et de renseignements téléphoniques avait demandé à des opérateurs téléphoniques néerlandais de lui fournir des données relatives à leurs abonnés dans le cadre de la mise en œuvre de ses services, ce qu’ils avaient refusé. Par un arrêt du 15 mars 2017, la CJUE a répondu aux questions préjudicielles du juge néerlandais portant sur l’interprétation de la directive “service universel”. Pour la Cour, cette directive impose aux opérateurs de répondre de manière équitable et non discriminatoire “à toutes les demandes raisonnables de mise à disposition” des données de leurs abonnés aux fins de la fourniture de tels services, y compris lorsqu’elles émanent d’entreprises établies dans d’autres Etats membres. Elle estime en outre que “c’est la finalité de la première publication des données personnelles de l’abonné à laquelle celui-ci a consenti qui est déterminante afin d’apprécier la portée de ce consentement”, de telle sorte qu’il n’y a pas lieu “de formuler la demande de consentement (…) de manière distincte selon l’État membre vers lequel les données le concernant peuvent être transmises”.

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Diffusion d’émissions télévisées et radiophoniques dans des chambres d’hôtels

Par un arrêt du 16 février 2017, la CJUE a statué sur une question préjudicielle du juge autrichien portant sur l’interprétation de la directive relative au droit de location et de prêt. Une société de gestion collective des droits d’organismes de radiodiffusion estimait que la retransmission simultanée, intégrale et sans altération, d’émissions télévisées et radiophoniques par un hôtelier dans ses chambres d’hôtel devait être soumise à autorisation et au paiement de redevances, dès lors qu’elle constituait selon elle une communication faite dans un lieu accessible au public moyennant paiement d’un droit d’entrée, celui-ci consistant dans le prix de la chambre. La Cour a toutefois estimé que “le prix d’une chambre d’hôtel [n’était] pas (…) un droit d’entrée spécialement demandé en contrepartie d’une communication au public d’une émission télévisée ou radiophonique, mais constitu[ait] la contrepartie d’un service d’hébergement principalement”.

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Sort des données personnelles inscrites dans un registre des sociétés

Par un arrêt du 9 mars 2017, la CJUE a eu à statuer sur une question préjudicielle de la Cour de cassation italienne portant sur un litige opposant l’administrateur d’une société qui reprochait à une chambre de commerce d’avoir refusé d’effacer des données inscrites dans le registre des sociétés et le liant à la faillite d’une société depuis radiée. Après avoir rappelé que les informations portant sur les personnes ayant le pouvoir d’engager les sociétés à l’égard des tiers, obligatoirement publiées conformément à la directive du 9 mars 1968, étaient bien des données à caractère personnel, la CJUE a estimé qu’il était “impossible d’identifier un délai unique, à compter de la dissolution d’une société, à l’expiration duquel l’inscription desdites données dans le registre et leur publicité ne serait plus nécessaire” au regard de la finalité de cette directive. Toutefois, la Cour a considéré que des situations particulières pouvaient justifier la limitation de l’accès aux données personnelles figurant dans les registres des sociétés aux tiers justifiant d’un intérêt spécifique à leur consultation, mais qu’il appartenait alors aux juridictions nationales de les déterminer au cas par cas.

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Mise en œuvre du droit au déréférencement par les exploitants de moteurs de recherche

Saisi de quatre recours pour excès de pouvoir contre des décisions de la CNIL refusant de mettre en demeure Google de déréférencer des résultats affichés sur son moteur de recherche, le Conseil d’Etat a sursis à statuer, par un arrêt du 24 février 2017, afin de poser plusieurs questions préjudicielles à la CJUE. La Haute Juridiction estime en effet que l’arrêt de la CJUE du 13 mai 2014, dit “Google Spain”, qui a consacré le droit à l’oubli numérique pose des difficultés sérieuses d’interprétation du droit de l’Union européenne pour son application. Les questions préjudicielles ont notamment trait aux modalités de déréférencement de résultats comportant des traitements, effectués aux fins de journalisme ou d’expression littéraire ou artistique, de données dites sensibles, ou encore à l’obligation ou non pour le moteur de recherche de supprimer les résultats portant sur des données incomplètes ou inexactes, “des données dont la publication (…) est illicite” ou lorsque ces “données f[ont] état des condamnations ou des procédures judiciaires dont une personne physique a été l’objet”.

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Notion de « support durable » en matière de site internet

Par un arrêt du 25 janvier 2017, la CJUE a eu à statuer sur une question préjudicielle posée par la Cour suprême d’Autriche, dans un litige opposant une banque à une association de consommateurs qui reprochait à la banque de fournir ou mettre à disposition des consommateurs les informations qui leur sont dues par le biais de la boite électronique du site, la directive sur les services de paiement du 13 novembre 2007 imposant que ces informations soient, selon les cas, fournies ou mises à disposition sur un support durable. La CJUE a ainsi rappelé les conditions permettant de qualifier un site internet de “support durable” : il doit permettre à l’utilisateur “de stocker les informations qui lui ont été personnellement adressées de manière qu’il puisse y accéder et les reproduire à l’identique, pendant une durée appropriée, sans qu’aucune modification unilatérale de leur contenu par le prestataire ou par un autre professionnel ne soit possible”. En outre, la CJUE précise que pour que les informations puissent être considérées comme ayant été fournies et non simplement mises à disposition, au sens de la directive, leur transmission doit être accompagnée d’un comportement actif du prestataire afin que l’utilisateur puisse prendre connaissance de leur existence et de leur disponibilité sur le site, ce qui ne sera pas le cas si le consommateur est obligé d’aller consulter le site pour ce faire.

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Absence d’incidence de l’usage sérieux de la marque dans les cinq années suivant l’enregistrement

Par un arrêt du 21 décembre 2016, la CJUE a eu à statuer sur une question préjudicielle de la Cour Suprême suédoise, dans un litige en contrefaçon de marque opposant deux sociétés et au cours duquel la Cour d’appel avait estimé qu’il convenait d’examiner la similitude des produits et services sur la base non pas de l’enregistrement formel de cette marque mais de l’activité réellement exercée par le titulaire. La CJUE, rappelant que le titulaire de la marque dispose d’un "délai de grâce pour entamer un usage sérieux de sa marque", au-delà duquel il peut être déchu de son droit, a répondu au juge suédois que, jusqu’à l’expiration de ce délai de cinq ans, l’appréciation de l’étendue de son droit exclusif devait se faire eu égard aux produits et services tels que visés par l’enregistrement et non par rapport à l’usage de la marque.

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Sanction européenne du régime français des livres indisponibles

Par un arrêt du 16 novembre 2016, la CJUE, saisie d’une question préjudicielle du juge français, s’est prononcée sur la conformité à la directive sur le droit d’auteur du décret d’application de la loi du 1er mars 2012 relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle, désignant les livres publiés en France avant le 1er janvier 2001 et ne faisant plus l’objet ni d’une diffusion commerciale ni d’une publication sous forme imprimée ou numérique. Deux auteurs sollicitaient l’annulation de ce décret, estimant qu’était ainsi instituée une “exception ou une limitation au droit exclusif de reproduction” de l’auteur non prévue par la directive. La CJUE a estimé que le régime consistant à confier à une “société agréée de perception et de répartition de droits d’auteurs l’exercice du droit d’autoriser la reproduction et la communication au public, sous une forme numérique, de livres dits indisponibles” tout en permettant aux auteurs de s’y opposer ou d’y mettre fin n’était pas conforme à la directive, notamment en ce qu’il n’assurait pas “l’information effective et individualisée des auteurs” préalablement à l’utilisation de leurs œuvres.

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Ouverture aux bibliothèques du prêt numérique de livres électroniques sous conditions

Par un arrêt du 10 novembre 2016, la CJUE a statué, sur question préjudicielle du juge néerlandais dans un litige opposant d’une part une association représentant les intérêts des bibliothèques publiques néerlandaises et d’autre part la « fondation du droit de prêt », chargée de collecter les sommes versées par les bibliothèques en contrepartie du droit de prêt des livres papiers. Cette dernière soutenait que le prêt numérique de livres électroniques n’entrait pas dans le champ d’application de la dérogation au droit exclusif de prêt, autorisant le prêt d’une œuvre légalement mise en circulation à la simple condition qu’une rémunération équitable soit versée au titulaire des droits. L’association avait saisi le juge néerlandais afin d’obtenir une déclaration pour droit selon laquelle cette dérogation couvrait bien le prêt numérique, contestant à cette occasion un projet de loi du gouvernement néerlandais qui prévoyait un régime différent pour le prêt numérique. La CJUE a donné raison à l’association de bibliothèques, affirmant que la dérogation au droit exclusif de prêt, prévue par la directive 2006/115 relative au droit de location et de prêt, couvrait bien le prêt numérique dès lors que ce prêt était effectué en plaçant la copie du livre électronique visé sur le serveur de la bibliothèque publique et qu’il ne permettait à l’utilisateur d’en reproduire qu’une seule copie par téléchargement sur son ordinateur, qui ne serait utilisable que jusqu’à expiration de la période de prêt.

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L’adresse IP dynamique : une donnée personnelle sous conditions

Par un arrêt du 19 octobre 2016, la CJUE, statuant sur question préjudicielle du juge allemand, a jugé qu’une adresse IP “dynamique”, enregistrée par un fournisseur de services de média en ligne lors de la consultation par une personne d’un site internet qu’il rend accessible au public, constituait une donnée à caractère personnel dès lors que ledit fournisseur disposait de “moyens légaux lui permettant de faire identifier la personne concernée grâce aux informations supplémentaires dont dispose le fournisseur d’accès à Internet de cette personne”. La Cour a également jugé que la continuité de fonctionnement de ces services pouvait constituer un intérêt légitime justifiant un tel traitement au sens de l’article 7 f) de la directive de 1995 sur les données personnelles.

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Revente d’une copie de sauvegarde d’un logiciel : autorisation du titulaire de droit requise

Par un arrêt du 12 octobre 2016, la CJUE, statuant sur question préjudicielle, a jugé que la revente, par l’acquéreur initial d’un programme d’ordinateur, d’une copie de sauvegarde dudit programme à un sous-acquéreur supposait l’autorisation du titulaire du droit d’auteur. La Cour a d’abord rappelé que l’acquéreur légitime du programme était en droit de réaliser une telle copie de sauvegarde du programme dans la mesure où celle-ci était nécessaire pour son utilisation, ce qui constitue une exception au droit exclusif de reproduction du titulaire des droits. Toutefois, cette copie ne peut être réalisée que pour les besoins propres de l’acquéreur, autorisé à utiliser le programme, et non pour sa revente à un tiers.

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