Absence de faute du salarié dans le refus de remettre à son employeur sa clé USB personnelle

Dans un arrêt du 5 juillet 2017, la Cour de cassation a confirmé l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Nouméa qui avait écarté “l’existence de toute faute commise par [un] salarié concernant la copie, invoquée par l’employeur, de fichiers du serveur de l’entreprise au moyen de sa clé USB personnelle”. En l’espèce, le salarié avait refusé d’obtempérer, “sur le champ, à l’injonction que lui [avait] fait [son] employeur de lui remettre sa clé USB personnelle afin de vérifier son contenu”, ce qui, selon la Cour d’appel, ne “constitu[ait] pas en soi un comportement fautif”. En outre, le salarié avait refusé de s’expliquer lors de l’un des deux entretiens préalables à son licenciement, de sorte qu’il avait été licencié. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’employeur, retenant que le moyen qu’il invoquait, faisant grief à la Cour d’appel de n’avoir pas retenu la faute grave du salarié, ne tendait qu’à “remettre en cause l’appréciation souveraine de la cour d’appel qui [avait] estimé que le grief imputé au salarié d’appropriation sur sa clef USB personnelle d’informations à caractère confidentiel n’était pas établi”.

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Copie de fichiers informatiques d’une entreprise pour la défense d’un salarié

Par un arrêt du 31 mars 2015, la Cour de cassation a cassé l’arrêt de la Cour d’Appel de Versailles dans un litige opposant un employeur à un ancien salarié dans le cadre d’une procédure de licenciement. Les juges d’appel avaient rejeté la demande reconventionnelle de l’employeur tendant à voir condamner le salarié à détruire la copie que celui-ci avait faite de fichiers informatiques de l’entreprise, au motif que l’employeur ne produisait aucun élément “laissant supposer une autre utilisation que celle (…) faite dans la procédure prud’homale”, notamment “à des fins commerciales”. La Cour de cassation a cassé cet arrêt considérant que les juges d’appel auraient dû “rechercher si le salarié établissait que les documents en cause étaient strictement nécessaires à l’exercice des droits de sa défense dans le litige qui l’opposait à son employeur à l’occasion de son licenciement”.

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