Réseau de distribution sélective : clause d’interdiction de recours à des plateformes tierces

Dans un arrêt du 6 décembre 2017, la CJUE a répondu à une question préjudicielle introduite par une juridiction allemande au sujet de la conformité au droit de la concurrence d’une clause d’un contrat de distribution sélective, par laquelle un fournisseur de produits de luxe autorisait à ses distributeurs agréés la vente à distance de ses produits à condition qu’elle soit “réalisée par l’intermédiaire d’une “vitrine électronique” du magasin”. Selon la CJUE, cette clause interdisant la vente de produits de luxe du fournisseur par le biais de plateformes tierces n'est pas contraire au TFUE, pour autant qu’elle vise à préserver l’image des produits, qu’elle soit "fixée d’une manière uniforme et appliquée d’une façon non discriminatoire, et qu’elle [soit] proportionnée au regard de l’objectif poursuivi", ce que devra vérifier la juridiction de renvoi.

Pour lire l’arrêt de la CJUE

Vente en dehors d’un réseau de distribution sélective sur des sites étrangers : compétence des juridictions françaises

Dans un arrêt du 5 juillet 2017, la Cour de cassation a cassé l’arrêt par lequel la Cour d’appel de Paris avait confirmé l’incompétence du juge français pour connaître d’un litige lié à la vente de produits en dehors d’un réseau de distribution sélective, s’agissant des sites d’Amazon à l’étranger (.de, .co.uk, .es et .it), dès lors que ceux-ci ne visaient pas le public français. La Haute juridiction a repris la réponse apportée par la CJUE, dans un arrêt du 21 décembre 2016, à une question préjudicielle portant sur l’interprétation de l’article 5, point 3, du règlement CE n°44/2001 du 22 décembre 2000, selon laquelle sont compétentes pour connaître ce type d’action les juridictions du “lieu où le dommage s'est produit (…) considéré comme étant le territoire de l'État membre qui protège [l'interdiction de vente en dehors du réseau de distribution sélective] au moyen de l’action en question, territoire sur lequel le demandeur prétend avoir subi une réduction de ses ventes”.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Réseau de distribution sélective sur internet et restriction de concurrence

Par un arrêt du 2 février 2016, la Cour d’appel de Paris a infirmé l’injonction faite à une plateforme en ligne de cesser de commercialiser les produits d’une marque de cosmétiques. La Cour a considéré que le réseau de distribution sélective mis en œuvre par le fabricant de ces cosmétiques, qui autorisait seulement “un distributeur agréé disposant d’un point de vente physique et respectant l’ensemble des critères de sélectivité” à vendre en ligne ses produits, était susceptible de constituer, sauf justification objective, une restriction de concurrence. La Cour a ainsi jugé dénué de tout caractère manifestement illicite le trouble allégué par le fabricant, résultant de la violation de son contrat de distribution sélective.

Pour lire l’arrêt sur Legalis.net