La CNIL sanctionne une société d’intermédiation en assurance

Par une délibération du 18 juillet 2019, la CNIL a prononcé une sanction de 180 000 euros à l’encontre d’une société d’intermédiation en assurance pour atteinte à la sécurité des données de ses clients. La CNIL a constaté un défaut de sécurité et une violation des données relatives aux clients de la société telles que des copies de permis de conduire, des relevés d’identité bancaire ou des données relatives à des infractions commises par les personnes concernées et a condamné la société en raison de l’absence de mesures techniques et organisationnelles appropriées afin de garantir la sécurité des données personnelles traitées, conformément à l’article 32 du RGPD.

  Pour lire la délibération de la CNIL

Publication d’un décret d’application de la loi Informatique et libertés

Le 30 mai 2019, le décret n° 2019-536 du 29 mai 2019 pris pour l'application de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés a été publié. Il complète les dispositions de la loi Informatique et libertés telles que modifiées par l’ordonnance du 12 décembre 2018 en modifiant notamment les règles applicables aux contrôles effectués par la CNIL et en précisant les modalités d’exercice de leurs droits par les personnes concernées. Ce décret est entré en vigueur le 1er juin 2019.

Pour lire le décret sur Légifrance

Publication d’un guide de bonnes pratiques à destination des développeurs

Le 13 mai 2019, la CNIL a publié un ensemble de fiches pratiques à destination des développeurs présentant “les bonnes pratiques à appliquer dès la conception, afin d’améliorer la gestion des données et sécuriser leurs programmes”. Ces fiches pratiques portent sur différentes thématiques telles que: le choix des outils de travail, la sécurité au stade du développement, la gestion des codes source et leur qualité, l’intégration de composants tiers tels que les Bibliothèques ou les SDK ainsi que la gestion de la documentation.

  Pour lire le Kit développeur de la CNIL

Absence de trouble manifestement illicite résultant d’une violation du RGPD par l’exploitation des compteurs communicants

Un distributeur d’énergie avait été assigné par plusieurs centaines consommateurs qui lui reprochaient, notamment, une violation du RGPD par l’exploitation des compteurs électriques communicants. Par une décision du 23 avril 2019, le Tribunal de grande instance de Bordeaux, statuant en référé, a jugé que “les demandeurs n’apport[aient] aucun élément de preuve d’une utilisation par [le distributeur] des données relatives à la consommation d’électricité de leur logement qui ne serait pas licite, loyale ou transparente” et que “c’est sans provoquer un trouble manifestement illicite que [le distributeur] recueill[ait] les informations de consommation d’électricité (…) sans recueillir le consentement de chacun des occupants du ou des locaux desservis”.

Pour lire la décision sur Legalis.net

Une banque française enjointe d’effacer les données de son client transmises par erreur à l’administration fiscale américaine

Une banque française avait transmis, par erreur, les données d’un de ses clients à l’administration fiscale américaine en application de la règlementation américaine FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act). Afin de mettre en œuvre cette règlementation, les autorités françaises et américaines ont en effet conclu un accord imposant aux établissement bancaires français de déclarer à l’administration fiscale américaine les informations relatives à leurs clients soumis au droit fiscal américain. Par un arrêt du 12 mars 2019, la Cour d’appel de Grenoble a confirmé l’ordonnance de référé qui avait ordonné à la banque française auteure de cette erreur de procéder à “l’effacement total de toutes informations personnelles [du client] du traitement opéré en France dans le cadre de FATCA” et de “faire toutes diligences à ses frais auprès des autorités fiscales des Etats-Unis afin qu’elles procèdent à l’effacement total de ses déclarations FATCA impliquant à tort” le client.

Pour lire l’arrêt sur Legalis.net

La CNIL précise les conséquences d’un éventuel “Brexit sans accord” sur les transferts de données personnelles vers le Royaume-Uni

Le 20 février 2019, la CNIL a publié une série de questions-réponses précisant les recommandations à suivre en cas de sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (UE) sans accord encadrant ce retrait. La CNIL précise que, dans cette hypothèse, à partir du 30 mars 2019, date de sortie prévue, le Royaume-Uni sera alors considéré comme un pays tiers, de sorte que les flux de données vers ce territoire devront être qualifiés de “transfert[s] de données hors de l’UE et de l’Espace Économique Européen (EEE)” au sens des articles 44 et suivants du RGPD. En conséquence, la CNIL invite les organismes concernés à envisager la mise en œuvre des mécanismes de conformité appropriées pour de tels transferts.

Pour lire les questions-réponses de la CNIL

La CEDH constate la violation du droit à la vie privée d’un militant fiché dans une base de données tenue par la police britannique

Par un arrêt du 24 janvier 2019, la CEDH a jugé que le traitement par les services de police anglais des données personnelles d’un militant politique au moyen d’un fichier recensant les individus liés à “l’extrémisme national” était contraire au droit au respect de la vie privée garanti par l’article 8 de la CEDH. Le requérant avait saisi la CEDH en invoquant ce droit au respect de la vie privée après s’être vu refuser sa demande d’effacement de ses données personnelles. La CEDH a relevé que les données personnelles traitées révélaient les opinions politiques des personnes concernées de sorte qu’elles nécessitaient une protection accrue. Elle a ainsi condamné le Royaume-Uni après avoir constaté l’ambiguïté de la base légale sur laquelle reposait le traitement de données et leur durée de conservation potentiellement illimitée.

Pour lire l’arrêt de la CEDH (en anglais)

Le TGI de Paris juge abusives 38 clauses des conditions d’utilisation et règles de confidentialité de Google

Par un jugement du 12 février 2019, le TGI de Paris a considéré abusives 38 clauses des conditions d’utilisation et règles de confidentialité relatives au réseau social Google+. Le Tribunal a notamment jugé que l’information relative à la collecte de données "ne permet[tait] pas en définitive à l’utilisateur de prendre initialement conscience des finalités réelles et par conséquent de l’ampleur de la collecte des données le concernant et de la portée de son propre engagement". Il a également déclaré abusive une clause relative aux conditions d’utilisation "qui prévo[yait] que l’utilisation, soit l’inscription suivie de la navigation sur le site, [valait] acceptation des conditions générales d’utilisation à un moment où l’utilisateur n’[avait] pas pu avoir accès à celles-ci".

Pour lire le jugement sur Legalis.net

La CNIL et la DGCCRF signent un nouveau protocole de coopération sur les données personnelles

Le 31 janvier 2019, la CNIL et la DGCCRF ont signé un protocole de coopération visant notamment à “sensibiliser les consommateurs aux risques encourus lors de la communication de leurs données personnelles et diffuser les bonnes pratiques mises en œuvre par les professionnels, faciliter l’échange d’informations relatives au non-respect du droit de la consommation et de la protection des données personnelles des consommateurs  [et] réaliser des contrôles communs”. Elles s’engagent en outre “à porter conjointement des propositions d’actions au niveau européen”.

Pour lire le communiqué de presse de la DGCCRF

La CNIL prononce à l’encontre de Google une sanction record de 50 millions d’euros

Google s’est vu sanctionner par la CNIL à hauteur de 50 millions d’euros, le 21 janvier 2019, en raison de manquements à ses obligations de transparence, d’information et de recueil d’un consentement valable en matière de publicité ciblée. La CNIL lui reproche notamment "un défaut global d’accessibilité des informations délivrées" ne permettant pas aux utilisateurs d’être en mesure de comprendre l’ampleur des traitements mis en œuvre par Google, "particulièrement massifs et intrusifs". Au regard des finalités des traitements mis en œuvre par Google (notamment la publicité ciblée), la CNIL considère que le consentement recueilli n’est pas "libre, spécifique, éclairé et univoque". La CNIL rappelle que cette décision est notamment motivée par l’"ampleur des traitements déployés", et qu’au vu des "avantages [que Google] retire de ces traitements, la société doit apporter une attention toute particulière à la responsabilité qui lui incombe au titre du RGPD dans leur mise en œuvre".

Pour lire la délibération de la CNIL