Service d’enregistrement vidéo d’émissions télévisées dans le cloud : législation non conforme au droit de l’UE

Une société anglaise avait mis à disposition de ses clients sur Internet un système d’enregistrement vidéo dans le cloud d’émissions de télévision italiennes. Dans un arrêt du 29 novembre 2017, la CJUE a répondu à la question préjudicielle d’une juridiction italienne portant sur le point de savoir si est conforme à la directive sur le droit d’auteur une législation nationale autorisant une entreprise à fournir à des particuliers un “service d’enregistrement à distance dans le nuage de copies privées d’œuvres protégées par le droit d’auteur” sans autorisation du titulaire de droits. Selon la CJUE, ce n’est pas le cas, compte tenu de ce que ce service constitue une "communication au public" et non pas un usage privé, pour lequel une exception est prévue par la directive.

Pour lire l’arrêt de la CJUE

Sanction européenne du régime français des livres indisponibles

Par un arrêt du 16 novembre 2016, la CJUE, saisie d’une question préjudicielle du juge français, s’est prononcée sur la conformité à la directive sur le droit d’auteur du décret d’application de la loi du 1er mars 2012 relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle, désignant les livres publiés en France avant le 1er janvier 2001 et ne faisant plus l’objet ni d’une diffusion commerciale ni d’une publication sous forme imprimée ou numérique. Deux auteurs sollicitaient l’annulation de ce décret, estimant qu’était ainsi instituée une “exception ou une limitation au droit exclusif de reproduction” de l’auteur non prévue par la directive. La CJUE a estimé que le régime consistant à confier à une “société agréée de perception et de répartition de droits d’auteurs l’exercice du droit d’autoriser la reproduction et la communication au public, sous une forme numérique, de livres dits indisponibles” tout en permettant aux auteurs de s’y opposer ou d’y mettre fin n’était pas conforme à la directive, notamment en ce qu’il n’assurait pas “l’information effective et individualisée des auteurs” préalablement à l’utilisation de leurs œuvres.

Pour lire l’arrêt sur le site de la CJUE