Nouveau décret sur la publicité digitale

Un décret du 9 février 2017 relatif aux prestations de publicité digitale étend à la publicité en ligne les grands principes de transparence prévus par la loi du 29 janvier 1993, dite “loi Sapin”, à propos de la publicité effectuée sur les médias traditionnels. L’article 2 du décret précise les informations que doit contenir le compte rendu adressé par les vendeurs d’espaces publicitaires aux annonceurs. L’article 3, quant à lui, prévoit un régime spécifique pour les “prestations de publicité digitale qui s'appuient sur des méthodes d'achat en temps réel sur des espaces publicitaires non garantis, notamment par mécanismes d'enchères”. À ce titre, le vendeur devra fournir une liste exhaustive d'informations à l’annonceur, visant à l’assurer de l’exécution effective des prestations, de leurs caractéristiques et de leur qualité technique. Ce décret entrera en vigueur le 1er janvier 2018.

Pour lire le décret sur Légifrance  

Pratiques trompeuses en matière d’affichage des prix des billets d’avion

Le 31 janvier 2017, la Secrétaire d’Etat chargée du Commerce a félicité la DGCCRF pour son enquête menée en 2016 et qui a révélé des manquements à l’obligation d’information des consommateurs par une vingtaine de sites de vente en ligne de billets d’avion. Elle a notamment constaté que ces derniers mettaient régulièrement en avant des prix réduits dont la majorité des consommateurs ne pouvaient bénéficier, ces réductions étant réservées aux titulaires de certaines cartes de paiement peu répandues en pratique, ce qui trompe les consommateurs et fausse les résultats des sites comparateurs. Certains sites ont d’ores et déjà pris en compte les injonctions de la DGCCRF et procédé aux changements adéquats, et des suites ont été engagées à l’encontre de sociétés qui n’ont pas répondu de manière satisfaisante.

Pour lire le communiqué de presse de la Secrétaire d’Etat

Notion de « support durable » en matière de site internet

Par un arrêt du 25 janvier 2017, la CJUE a eu à statuer sur une question préjudicielle posée par la Cour suprême d’Autriche, dans un litige opposant une banque à une association de consommateurs qui reprochait à la banque de fournir ou mettre à disposition des consommateurs les informations qui leur sont dues par le biais de la boite électronique du site, la directive sur les services de paiement du 13 novembre 2007 imposant que ces informations soient, selon les cas, fournies ou mises à disposition sur un support durable. La CJUE a ainsi rappelé les conditions permettant de qualifier un site internet de “support durable” : il doit permettre à l’utilisateur “de stocker les informations qui lui ont été personnellement adressées de manière qu’il puisse y accéder et les reproduire à l’identique, pendant une durée appropriée, sans qu’aucune modification unilatérale de leur contenu par le prestataire ou par un autre professionnel ne soit possible”. En outre, la CJUE précise que pour que les informations puissent être considérées comme ayant été fournies et non simplement mises à disposition, au sens de la directive, leur transmission doit être accompagnée d’un comportement actif du prestataire afin que l’utilisateur puisse prendre connaissance de leur existence et de leur disponibilité sur le site, ce qui ne sera pas le cas si le consommateur est obligé d’aller consulter le site pour ce faire.

Pour lire l’arrêt sur le site de la CJUE

Manquements à la loi Informatique et Libertés d’un système d’exploitation

Par une décision du 30 juin 2016, la CNIL a mis en demeure Microsoft de remédier aux manquements aux dispositions de la loi Informatique et Libertés de son système d’exploitation constatés à la suite de contrôles diligentés dans le cadre d’un groupe mis en place par le G29. La CNIL a notamment relevé que, par le suivi de la navigation des utilisateurs, la société collectait des données qui “ne sont pas directement nécessaires au fonctionnement du système d’exploitation”, et qu’elle ne respectait pas “l’obligation d’informer les [utilisateurs] et de mettre en œuvre un mécanisme valable d’opposition” au dépôt de cookies au moment de la consultation de la déclaration de confidentialité. Elle a également constaté des manquements à l’obligation de sécurité des données et à celle de disposer d’une base légale pour en transférer hors de l’Union européenne. Microsoft dispose de trois mois pour se mettre en conformité.

Pour lire le communiqué sur le site de la CNIL

Obligations d’information pour les sites comparateurs en ligne

Un décret du 22 avril 2016 précise les modalités de mise en œuvre des obligations d’information à la charge des sites comparateurs en ligne en application du Code de la consommation. Il précise le type d’activité de comparaison soumis à ces obligations, impose la création d’une rubrique spécifiant le “fonctionnement du service de comparaison” qui devra indiquer un certain nombre de mentions et détaille le contenu de ces obligations d’information. Le décret oblige également à faire apparaître le caractère publicitaire des offres référencées à titre payant. Ses dispositions entreront en application le 1er juillet 2016.

Pour lire le décret sur Légifrance

Obligations précontractuelles d’information des plateformes d’intermédiation en ligne

La loi du 6 août 2015 dite « loi Macron » a ajouté au Code de la consommation un article L.111-5-1 qui prévoit que toute personne procédant à de l’intermédiation par voie électronique, que ce soit pour la fourniture d’un bien ou d’un service, doit délivrer “une information loyale, claire et transparente sur les conditions générales d’utilisation du service d’intermédiation et sur les modalités de référencement, de classement et de déréférencement des offres mises en ligne”. Lorsque seuls des consommateurs ou des non-professionnels sont mis en relation, la plateforme d’intermédiation “est également tenue de fournir une information loyale, claire et transparente sur la qualité de l’annonceur et les droits et obligations des parties en matière civile et fiscale”. Enfin, lorsque le service met en relation des professionnels et des consommateurs, elle doit mettre à disposition des premiers un espace leur permettant de communiquer aux consommateurs certaines informations prévues par l’article L.121-17 du Code de la consommation.

Pour lire l’article du Code de la consommation sur Légifrance

Mise en demeure par la CNIL d’une société de distribution pour commentaires excessifs sur ses clients

Par une décision du 26 juin 2015, la CNIL a mis en demeure une société spécialisée dans la vente de produits électroménagers de cesser, dans un délai de trois mois, les manquements constatés aux dispositions de la Loi Informatique et Libertés. Elle a rappelé que “les données à caractère personnel collectées doivent être adéquates, pertinentes et non excessives au regard des finalités pour lesquelles elles sont collectées” et a constaté en l’espèce la présence de 5828 commentaires non pertinents. Elle a également considéré que la société avait commis un manquement à l’obligation d’informer et d’obtenir l’accord des personnes accédant au site de la société avant de déposer des cookies sur leurs équipements ainsi qu’un manquement à l’obligation de définir et respecter une durée de conservation des données enregistrées dans certains cookies.

Pour lire la décision de la CNIL

Obligation du vendeur d’informer sur le prix d’un ordinateur avec logiciels préinstallés

Un particulier ayant acquis un ordinateur portant la marque du fabricant auprès d’un distributeur a assigné le fabricant pour obtenir le remboursement des logiciels préinstallés considérant qu’il s’agissait d'une pratique commerciale trompeuse par dissimulation du prix des logiciels lors de l'achat de l'ordinateur et d'une pratique commerciale de vente subordonnée présentant un caractère déloyal. Dans un arrêt du 1er juillet 2015, la Cour de cassation a énoncé que “l’obligation d’information sur le prix incombait au vendeur (…) et non [au fabricant] qui n’avait pas présenté d’offre commerciale à [l‘acheteur]”. Elle a ainsi rejeté le pourvoi du demandeur contre le jugement de la juridiction de proximité qui en avait déduit que ses demandes n’étaient pas fondées.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Obligation pour le vendeur d’ordinateurs d’informer les consommateurs sur les conditions d’utilisation des logiciels préinstallés

Par un arrêt du 22 janvier 2015 rendu sur renvoi après cassation, la Cour d’appel de Versailles a considéré qu’une société commercialisant des ordinateurs portables équipés de logiciels d’exploitation préinstallés était soumise à l’obligation d’informer les consommateurs sur les conditions d’utilisation de ces logiciels. Les juges ont en effet estimé que, bien que le vendeur ne soit pas partie au contrat de licence, il était tenu à cette obligation de renseignement et d’information, “dans la mesure où c’est bien [lui] qui vend la prestation de service constituée par l’accès à l’usage des logiciels”. La Cour ne l’a en revanche pas astreint à l’obligation d’indiquer le prix des logiciels préinstallés dans les ordinateurs qu’il commercialise.

Arrêt non encore publié

Obligation d’information et de conseil dans un contrat de services informatiques

Par un arrêt du 2 juillet 2014, la Cour de cassation a cassé l'arrêt de la Cour d’appel d’Aix en Provence qui avait débouté de leurs demandes en résolution de contrats une association et une SCP ayant conclu avec un prestataire informatique des "contrats d’abonnement de prestation incluant la fourniture d’un matériel informatique et l’accès au service collaboratif et de sécurité informatique et (…) des contrats de location de ce matériel". L’arrêt rappelle que, postérieurement à l’installation, divers dysfonctionnements du processus de sauvegarde des données avaient été constatés, et des problèmes de compatibilité avec la connexion internet dont disposaient les clientes avaient été diagnostiqués. La Cour de cassation a jugé que le prestataire était tenu "envers ses clients profanes d'un devoir d'information et de conseil qui l'obligeait à se renseigner préalablement sur leurs besoins et à les informer des contraintes techniques de l'installation téléphonique proposée". La Cour a ajouté que la charge de la preuve de la fourniture d’une telle information pesait sur le prestataire.

Pour lire l'arrêt sur Légifrance