Copie d’un site internet : acte de concurrence déloyale et parasitaire

Une société proposant par le biais de son site internet des messages vocaux destinés à l’accueil téléphonique d’entreprises a assigné une société concurrente en concurrence déloyale et parasitaire pour avoir créé un site internet très similaire au sien. Par un arrêt du 7 mars 2017, la Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de première instance qui avait limité à 5 000 € le montant de son préjudice économique réparable au motif que le demandeur “ne communiquait aucun élément sur une baisse éventuelle de son chiffre d’affaires, le préjudice réparable étant sans rapport avec la valeur des investissements” fournis pour le développement du site internet. En outre, la Cour a alloué 5 000 € au demandeur au titre de son préjudice moral, estimant que le défendeur, en copiant quasi-servilement son site internet, avait “dévalorisé la valeur et l’intérêt de ce site par sa banalisation et lui a[vait] fait perdre sa visibilité sur Internet“.

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Contrefaçon pour reproduction de visuels sur un site internet

Par un jugement du 4 juin 2015, le TGI de Marseille a condamné un éditeur de site internet pour contrefaçon des visuels publiés sur le site d’une entreprise exerçant une activité commerciale concurrente. En effet, le TGI a estimé que les visuels reproduits par l’éditeur sur son site étaient protégés par le droit d’auteur et que leur reproduction sans autorisation de l’auteur était constitutive d’un acte de contrefaçon. Toutefois, en l’absence de preuve d’un préjudice moral spécifique, le TGI a fixé la créance de réparation à 1000 euros. Enfin, concernant la reproduction des textes du site par l’éditeur du site litigieux, le TGI a considéré qu’elle n’était pas une contrefaçon en raison du caractère descriptif et de l’absence d’originalité de ces textes, et qu’elle n’était pas fautive en raison de l’absence de recherche de confusion dans l’esprit du consommateur.

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Condamnation pour suggestion de mots clés à connotation négative

Le 28 janvier 2014, le Tribunal de commerce de Paris a ordonné à Google, à la demande d’un internaute ayant fait l’objet d’une condamnation pénale, de supprimer de "Google suggest" les termes à connotation négative qui étaient systématiquement associé à son nom. Le Tribunal a qualifié Google de "responsable de traitement" au sens de la "Informatique et libertés" pour son outil Google Suggest, dès lors qu'elle détermine les finalités et moyens du traitement en cause. Le Tribunal a ainsi jugé qu'en application de l’article 38 de la loi précitée, le demandeur pouvait à bon droit s'opposer au traitement le concernant, pour des motifs légitimes. Le Tribunal ajoute qu'en l'espèce, la demande de l’internaute ne portait pas atteinte à la liberté d’expression en ce que la suppression demandée ne concernait pas les articles de presse eux-mêmes, mais seulement l’association systématique de son nom et du mot-clé litigieux, ce qui nuisait à sa réputation et à son activité professionnelle.

Jugement non encore publié.

Rétablissement de la page non officielle d’une série télévisée sur un réseau social

Dans un jugement du 28 novembre 2013, le TGI de Paris a ordonné à Facebook de rétablir la page non officielle d’une série télévisée, bloquée sur demande du producteur de la série qui faisait valoir une atteinte à ses marques. Le TGI a considéré qu’une telle atteinte n’était pas constituée car il n’y avait pas eu d’ « usage [de la marque] dans la vie des affaires », la page n’ayant pas été utilisée « à des fins commerciales ». De plus, le jugement retient que le producteur connaissait l’existence de cette page et « profitait du travail d’animation » de son créateur. Le TGI a condamné le producteur à lui verser 10 000 euros pour indemniser le préjudice moral qu’il avait subi du fait de la fermeture de la page.

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