Communication par Twitter des données d’identification d’utilisateurs

Dans une ordonnance du 24 janvier 2013, le président du TGI de Paris a ordonné à Twitter de communiquer les données d’identification d'utilisateurs ayant publié des tweets au contenu manifestement illicites. Le juge fonde sa décision sur l'article 145 du Code de procédure civile et non pas sur l'article 6-II de la loi du 21 juin 2004 (LCEN) dont il ne lui apparaît pas, avec l'évidence requise en référé, que ce dernier soit applicable en l'espèce. Les associations demanderesses se plaignaient de ne pas pouvoir poursuivre les auteurs de tweets à caractère antisémite et raciste.

Ordonnance non publiée à ce jour.

Nullité de la saisie-contrefaçon pour caducité de l’assignation

Par une décision du 26 mai 2011, la première Chambre civile de la Cour de cassation s’est prononcée sur la validité d’une saisie contrefaçon qui a été suivie de la délivrance d’une première assignation au fond mais non enrôlée puis d’une deuxième assignation délivrée une fois le délai légal de quinze jours expiré. Alors que la cour d’appel avait validé les opérations de saisie contrefaçon en estimant que cette deuxième assignation était intervenue « aux fins et sur les suites » de la première, la Cour de cassation sanctionne ce raisonnement aux motifs que « la première assignation était devenue caduque avant que ne fût délivrée la seconde, en sorte que la saisie contrefaçon litigieuse était entachée d’une nullité de fond dont le prononcé n’était pas subordonné à la preuve d’un grief ».

Pour consulter la décision sur le site de la Cour de cassation

La signature électronique d’un fichier zip ne s’applique pas à l’ensemble des documents contenus

Les documents signés de façon manuscrite, scannés et introduits dans un fichier compressé zip signé électroniquement ne peuvent être considérés comme signés électroniquement. Cette décision a été confirmée par le Tribunal administratif de Toulouse dans son ordonnance de référé du 9 mars 2011 à propos du refus par le CNRS d’un acte de candidature d’une société ayant répondu à un appel d’offres.

Pour consulter la décision sur le site de légalis  

Publication du décret d’application sur les recommandés électroniques

Le décret d’application mettant en place un dispositif de lettres recommandées électroniques a été publié le 4 février 2011. Il précise les modalités d’application de l’article 1369-8 du Code civil qui autorise l’envoi d’une lettre recommandée relative à la conclusion ou à l’exécution d’un contrat. Ce décret précise notamment les conditions d’identification du « tiers chargé de l’acheminement » et les obligations à la charge de ce dernier.

Pour consulter le décret sur le site de Légifrance.

Les formalités préalables obligatoires pour invoquer une preuve obtenue par un dispositif de géolocalisation

Par une décision en date du 14 septembre 2010 , la Cour d’appel de Dijon a rappelé que l’utilisation, à titre de preuve justifiant le licenciement d’un salarié, des données du système de géolocalisation installé sur son véhicule professionnel, n’était admise qu’à la condition que le salarié en ait été préalablement informé et que le dispositif ait été déclaré auprès de la CNIL. Le salarié en cause, un coursier, avait été licencié pour avoir utilisé le véhicule de l’entreprise à des fins personnelles. La décision de la Cour d’appel a été rendue au visa de l’article L.1222-4 du Code du travail, selon lequel "aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance".

Pour consulter la décision sur le site Légalis

L’écrit électronique n’est qu’un commencement de preuve s’il est contesté par son auteur présumé

Dans une décision rendue le 30 septembre 2010, la Cour de cassation a rappelé qu’il appartient au juge de vérifier les conditions de validité de preuve par l’écrit électronique dont l’authenticité est contestée par son auteur présumé. Dans cette affaire, un bailleur niait avoir envoyé des courriels adressés à son locataire, dans le cadre d’un litige les opposant. Les juges d’appel avaient considéré que la preuve de ces courriels était présumée valable tant que la preuve contraire n’en était pas rapportée. La Cour de cassation rappelle au contraire que l’écrit électronique ne vaut que comme commencement de preuve dès lors que les exigences d’authentification de l’auteur et de garantie de l’intégrité de l’écrit ne sont pas établies, vérifications qui ressortent de l’office du juge, en application de l’article 287 du Code de procédure civile.

Pour consulter la décision sur le site Légifrance

Rappel des conditions de validité des constats de contrefaçon

La cour d’appel de Paris, dans un arrêt du 2 juillet 2010, a rappelé les conditions techniques à respecter pour constater valablement la preuve d’une contrefaçon de marque sur internet. En l’espèce, la cour dénie la valeur probante des pages web archivées par le site www.archive.org, site opéré par un tiers et sans autorité légale.