Les juges apprécient souverainement les éléments extrinsèques d’identification de la personne visée par des propos diffamatoires

Par un arrêt du 1er septembre 2020, la Cour de cassation a jugé que le renvoi opéré par un lien hypertexte dans un article, "s’il peut (…) être susceptible de permettre l’identification de la personne visée", peut néanmoins, en considération du lectorat et de la présence d’autres liens dans l’article, "ne pas être regardé comme permettant effectivement cette identification". En l’espèce, une plainte avait été introduite par une société dont seul le dirigeant était visé par l’article en cause, et le groupe de la société plaignante était mentionné via le lien hypertexte.

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Un site condamné pour des publications dénigrantes sur un concurrent

Par un jugement du 16 décembre 2019, le Tribunal de commerce de Paris a condamné un site d’information dédié aux consommateurs pour concurrence déloyale du fait de la publication d’un article et de commentaires dénonçant les pratiques d’un éditeur d’un site concurrent. Le Tribunal a jugé que les termes employés étaient dénigrants en ce qu’ils dépassaient le droit de libre critique dans un débat d’intérêt général.

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Un site internet condamné pour avoir reproduit des photographies d’un site concurrent

Par un jugement du 6 décembre 2019, le Tribunal de grande instance de Nancy a condamné pour concurrence parasitaire une société qui avait reproduit 34 photographies d’un site concurrent. Le Tribunal a jugé que "la réutilisation de ces images [avait entraîné] un risque de confusion à l’égard des destinataires des sites (…). Une telle reproduction servile d’un nombre significatif d’images [avait révélé] une volonté de tirer profit de l’investissement important et dûment justifié" par la société.

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Un site internet condamné pour atteinte à la vie privée

Par un jugement du 5 décembre 2019, le Tribunal de grande instance de Nanterre a condamné l’éditeur d’un site internet pour avoir reproduit la couverture d’un magazine jugée attentatoire à la vie privée d’une personnalité publique. S’agissant du préjudice, le Tribunal a considéré que si le fait qu’une révélation ne soit pas exclusive, induit une perte d’intensité du dommage, celle-ci ne se conçoit qu’en fonction du temps écoulé. Le contenu litigieux ayant été reproduit, par le magazine, le jour même de la publication initiale, le Tribunal a exclu toute influence sur le préjudice moral subi.

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Un prestataire condamné pour manquement à son obligation de diligence

Par un arrêt du 8 novembre 2019, la Cour d’appel de Paris a rejeté la demande d’un client en résolution d’un contrat portant sur la création d’un site internet, aux torts de son prestataire, au motif que le grief invoqué, à savoir l’absence de transfert du nom de domaine, ne constituait pas un manquement suffisamment grave. La Cour a néanmoins relevé que le prestataire avait manqué à son obligation de diligence en ne sollicitant pas les informations manquantes qui lui étaient nécessaires pour réaliser ce transfert.

Arrêt non publié

Un site internet condamné pour reproduction de catalogues et de photographies sans autorisation

Par un arrêt du 1er octobre 2019, la Cour d’appel de Paris a condamné un site internet d’information sur le marché de l’art pour contrefaçon pour avoir reproduit et publié des catalogues et des photographies sans l’autorisation de la maison de vente aux enchères et du photographe. L’éditeur du site internet a été condamné au paiement de la somme de 105 000 euros au photographe au titre de l’atteinte à son droit de paternité, à l’intégrité de ses œuvres et des actes de parasitisme, d’une part, et de la somme de 120 000 euros à la maison de vente au titre de la contrefaçon de sa marque, d’autre part.

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Le Conseil d’État valide les lignes directrices de la CNIL en matière de cookies

Par un arrêt du 16 octobre 2019, le Conseil d’État a rejeté le recours formé contre la délibération de la CNIL valant adoption de nouvelles lignes directrices en matière de cookies qui soumet à une concertation les modalités pratiques d’expression du consentement en matière de publicité ciblée et octroie une période d’adaptation de douze mois pour s’y conformer. Il a ainsi été jugé que ces mesures permettaient un respect effectif de la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles.

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Un site internet ayant inséré un bouton « j’aime » est responsable conjoint du traitement

Par un arrêt du 29 juillet 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé, sur question préjudicielle allemande, que le gestionnaire d’un site internet ayant inséré un bouton « j’aime », était responsable conjointement avec le fournisseur du bouton, la société Facebook Ireland, des opérations de collecte et de communication des données des internautes. La Cour a considéré qu’"en insérant un tel module social sur son site Internet, [le gestionnaire] influ[ait], (…), de manière déterminante sur la collecte et la transmission des données à caractère personnel des visiteurs dudit site au profit du fournisseur dudit module, (…), qui, en l’absence de l’insertion dudit module, n’auraient pas lieu".

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Injonction faite aux fournisseurs d’accès à Internet de bloquer définitivement l’accès à un site exhortant à la haine

Par un jugement du 27 novembre 2018, le TGI de Paris, statuant en état de référé, a fait injonction à plusieurs fournisseurs d’accès à Internet "de mettre en œuvre, (…) sans délai, toutes mesures les plus adaptées et les plus efficaces, propres à empêcher l’accès, à partir du territoire français et/ou par leurs abonnés situés sur ce territoire" à un site Internet considéré comme exhortant à la haine raciale. Le tribunal a également précisé que "ces mesures de blocage seront effectuées de manière définitive et illimitée" et que seront remboursés "les coûts afférents à la mesure de blocage du site". En effet, le site a été jugé comme menaçant l’ordre public au vu de ses "publications haineuses" contenant "des mots d’une extrême violence et qui exhortent en même temps au passage à l’acte violent contre des personnes en raison de la religion, de l’origine ou de l’orientation sexuelle des intéressés".

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La possible citation d’une marque comme référence

Un groupe promoteur et gestionnaire-exploitant de résidences de services reprochait à une société intermédiaire en transaction immobilière d’avoir reproduit ses marques dans le libellé des annonces qu’elle publiait sur son site internet. Le Président du TGI de Nanterre a considéré le 17 septembre 2018 que la défenderesse "n’a[vait] pas fait un usage illicite des marques" de la demanderesse en y faisant référence dès lors qu’il s’agissait d’indiquer "dans ses annonces que la société [demanderesse] a[vait] en gestion ces biens immobiliers en revente, [ce qui] ne cré[ait] pas de confusion sur l’origine de ces biens et permett[ait] de distinguer le gestionnaire et le vendeur des biens ".

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