Cybersurveillance : la règlementation à venir des drones civils

Le Sénat a voté en première lecture le 17 mai 2016, une proposition de loi sur le renforcement de la sécurité sur les drones civils. L’objectif est de répondre à des risques croissants, en améliorant l’information et la formation des télépilotes, et de faciliter la détection, voire la neutralisation de drones potentiellement dangereux. Le texte prévoit une amende de 15 000 euros pour le fait de faire survoler par maladresse ou négligence un drone au-dessus d’une zone interdite du territoire français. Par ailleurs, le texte prévoit également que le télépilote qui se rendrait coupable de l’infraction d’atteinte volontaire à l’intimité de la vie privée d’autrui réprimée à l’article 226-1 du Code pénal, encourrait une peine complémentaire de confiscation du drone ayant servi à commettre l'infraction.

Pour lire la proposition de loi sur le site du Sénat

Insuffisance des garanties prévues par la législation hongroise sur la surveillance antiterroriste

Statuant sur le recours de deux membres d’une ONG s’estimant exposés au risque de faire l’objet de mesures injustifiées et exagérément intrusives en application de la législation hongroise sur les opérations secrètes de surveillance antiterroriste, la CEDH a considéré par un arrêt de chambre du 12 janvier 2016 que cette législation violait l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme sur le droit au respect de la vie privée. La CEDH a jugé que les formes prises par le terrorisme pouvaient avoir pour conséquence un recours par les gouvernements à des technologies de pointe, notamment à des techniques de surveillance massive des communications. Cependant, elle a considéré que la législation hongroise ne prévoyait pas de garanties suffisamment précises, effectives et complètes en ce qu’elle ne décrivait pas les catégories de personnes susceptibles de voir leurs communications interceptées et qu’une telle mesure pouvait être ordonnée par le pouvoir exécutif sans aucun contrôle judiciaire.

Pour lire l’arrêt (en anglais) de la CEDH

Pas d’anonymisation pour un article de presse en ligne

Par une ordonnance de référé du 8 janvier 2016, le Président du TGI de Paris a rejeté la demande de suppression du nom et du prénom d’une personne condamnée pour violence aggravée d’un article paru en 2004 et toujours en ligne sur le site internet du journal. Le TGI a jugé qu’il n’y avait pas d’atteinte au respect de l’intimité de la vie privée du demandeur puisqu’il avait "été poursuivi et condamné par une cour d’assises" et donc son identité avait "déjà été révélée licitement au public". Il se fonde également sur le fait que la mention du nom et prénom était en lien étroit avec un fait divers de nature criminelle et que les faits relatés étaient exacts.

Pour lire l’ordonnance sur Legalis.net

Licenciement d’un salarié pour utilisation à des fins personnelles de comptes internet professionnels

Par un arrêt de chambre du 12 janvier 2016, la CEDH a estimé que le fait pour un employeur d’accéder au compte internet de messagerie instantanée d’un salarié créé à des fins exclusivement professionnelles et d’utiliser les relevés de communications électroniques montrant un usage personnel ne constituait pas une violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme. La Cour considère tout d’abord que le litige entre bien dans le champ de l’article 8 de la Convention et juge ensuite qu’il n’est pas déraisonnable pour l’employeur de vouloir vérifier que ses employés accomplissent leurs tâches professionnelles pendant les heures de travail.

Pour lire l’arrêt  de la CEDH (en anglais)

Action pour atteinte à l’honneur et à la réputation sur le fondement du Code civil requalifiée en diffamation

Une association cultuelle avait assigné un site sur lequel elle était répertoriée et identifiée comme secte, pour atteinte à son honneur et à sa réputation, sur le fondement de l’article 9 du code civil. Par un arrêt en date du 24 juin 2015, la Cour d’appel de Paris a jugé que l’action visant à sanctionner des propos portant atteinte à l’honneur et à la réputation d’une personne relevait du régime de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse et non de l’article 9 du Code civil protégeant la vie privée. En effet, elle a estimé que “si une action autonome peut exister sur le fondement de l’article 9 du Code Civil, c’est à la condition que ses éléments ne soient pas susceptibles de se confondre avec les éléments constitutifs d’une infraction de presse”. La Cour en a déduit que l’action était prescrite conformément à l’article 65 de la loi du 29 juillet 1881, qui prévoit un délai de prescription de 3 mois suivant la commission du délit.

Pour lire l’arrêt sur Legalis.net

Absence d’atteinte à la vie privée pour l’exploitation d’informations tirées d’un compte Facebook

Par un jugement du 17 décembre 2014, le TGI de Paris a débouté une assistante parlementaire qui reprochait à une société de presse en ligne d’avoir porté atteinte à sa vie privée en utilisant des informations publiées sur son compte Facebook dans un article en ligne. Les juges ont relevé que “la demanderesse a[vait] certes modifié son patronyme sur [son] compte Facebook” mais que “si elle avait souhaité que les informations qu’elle faisait figurer sur ce compte Facebook, ne soient pas accessibles au public, il lui était loisible de ne les rendre consultables que par les personnes qu’elle déterminait”.

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Caractère manifestement illicite d’écoutes et de la diffusion des propos enregistrés par un site d’information en ligne

Par un arrêt du 2 juillet 2014, la Cour de cassation a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles ordonnant le retrait d’un site d’information en ligne de retranscriptions d’enregistrements de conversations d’un individu effectuées à son insu. Le site reprochait à l’arrêt d’appel d’avoir déduit des procédés intrusifs d’obtention de ces enregistrements l’existence d’un trouble manifestement illicite au regard de l’article 226-1 du Code pénal, sans rechercher si le contenu des extraits diffusés portait effectivement atteinte à l’intimité de la vie privée. Il avait également invoqué l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, qui garantit la liberté d’information. La Cour de cassation a cependant estimé, après avoir rappelé que la liberté d’information peut être soumise à des restrictions prévues par la loi et nécessaires à la protection des droits d’autrui, que le fait de procéder à la "captation, sans le consentement de leur auteur, de paroles prononcées à titre privé ou confidentiel, comme de les faire connaître du public (…) constitue un trouble manifestement illicite".

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Sanction de la CNIL pour dispositif de géolocalisation illégal

Par une délibération du 22 juillet 2014, la CNIL a sanctionné une société de location de véhicules ayant recours à un système de géolocalisation considéré non conforme à la loi "Informatique et Libertés". En l’espèce, une plainte avait été déposée par un client de la société. A l’issue d’un contrôle, la CNIL a mis en demeure la société "de procéder aux formalités préalables pour les traitements relatifs à la géolocalisation et à la gestion des clients, de limiter la collecte des données de géolocalisation aux situations de non restitution et de vols, d'informer les clients de la mise en œuvre des deux traitements précités et de définir une politique sécurisée de gestion des mots de passe". Cette mise en demeure étant restée sans réponse, la CNIL a prononcé à l’encontre de la société une sanction de 5000 euros.

Pour lire le communiqué de la CNIL

Google condamné à retirer des photos attentatoires à la vie privée

Dans un jugement du 6 novembre 2013, le TGI de Paris a condamné Google à retirer et à faire cesser l’affichage de 9 photos sur son moteur de recherche d’images. Dans cette affaire, suite à une ordonnance du juge des référés et à une condamnation pénale, Google avait déjà supprimé de son moteur de recherches les images litigieuses. En l’espèce, le Tribunal s’est prononcé sur l’obligation de Google d’assurer la non réapparition de ces images pendant une durée de 5 ans au motif que « la mesure sollicitée de retrait et d’interdiction […] des 9 clichés provenant d’un délit pénal et déjà jugés attentatoires à la vie privée du demandeur, entr[ait] largement dans » le cadre juridique des articles 9 du Code civil et 6-1-8° de la LCEN, et qu’«aucune atteinte disproportionnée […] ne saurait résulter de la mesure d’interdiction d’indexation »

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Information des salariés relative à la vidéosurveillance

Par un arrêt du 10 janvier 2012, la Cour de cassation a censuré un arrêt de la Cour d’appel d’Angers qui avait admis, dans un litige opposant une entreprise de nettoyage à ses employés, des moyens de preuve constitués par des enregistrements de caméras de vidéosurveillance. La Haute-juridiction a considéré que le fait qu’un tel dispositif ait été mis en place par la société cliente dans laquelle intervenaient les salariés, et non par l’employeur lui-même, ne dispensait pas ce dernier d’informer les salariés de l’existence de caméras qui permettaient de contrôler leurs heures d’arrivée et de départ sur le lieu de travail.

Pour consulter la décision sur Légifrance