La Cour de cassation requalifie en contrat de travail le contrat de partenariat entre un chauffeur de VTC et Uber

Par un arrêt du 10 janvier 2019, la Cour d’appel de Paris a considéré qu’il existait un faisceau d’indices suffisant pour caractériser un lien de subordination entre un chauffeur de VTC et la plateforme Uber. Elle a ainsi requalifié le contrat qui les liait en contrat de travail. Elle a d’abord rappelé que le "service de prestation de transport [avait été] créé et [était] entièrement organisé par la société Uber BV". La Cour a en effet relevé que le chauffeur "ne constitu[ait] aucune clientèle propre, ne fix[ait] pas librement ses tarifs ni les conditions d'exercice de sa prestation de transport, qui [étaient] entièrement régis par la société Uber BV". Elle a en outre précisé que "le fait de pouvoir choisir ses jours et heures de travail n’exclu[ai]t pas en soi une relation de travail subordonnée".

Pour lire l’arrêt sur Legalis.net

Sanction d’une société de VTC pour manquement à son obligation d’assurer la sécurité des données

Une société de VTC s’est vue sanctionner par la CNIL à hauteur de 400 000 euros le 19 décembre 2018, pour avoir manqué à son obligation, en tant que responsable de traitement, "de prendre toutes précautions utiles, au regard de la nature des données et des risques présentés par le traitement, pour préserver la sécurité des données et, notamment, empêcher qu'elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès". Il lui était reproché un "manque de précautions généralisé" dès lors qu’elle n’avait pas mis en place "certaines mesures élémentaires de sécurité" telles qu’une "mesure d’authentification multifactorielle" ou un "filtrage des adresses IP" afin d’"éviter toute connexion illicite, en sécurisant les échanges de données".

  Pour lire la décision de la CNIL

Annulation des dispositions sanctionnant l’interdiction de géolocalisation des VTC

Par une décision du 9 mars 2016,le Conseil d’Etat a annulé les dispositions du Code des transports mettant en application l’interdiction faite aux services de VTC d’informer leurs clients, avant la réservation, de la localisation et de la disponibilité d’un véhicule, considérant qu’elles étaient contraires à l’article 8 de la directive du 22 juin 1998 qui prévoit que les États membres communiquent immédiatement à la Commission tout projet de règle technique, notamment relative à l’accès à un service de la société de l’information. Le Conseil d’Etat a justifié cette annulation par le vice de procédure affectant la disposition légale en application de laquelle avait été pris l’article litigieux, cette disposition n’ayant pas fait l’objet de la procédure d’information prévue par la Directive.

Pour lire l’arrêt du Conseil d’Etat

Interdiction de la “maraude électronique” aux VTC validée par le Conseil constitutionnel

Par une décision du 22 mai 2015, le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur trois questions prioritaires de constitutionnalité posées par des sociétés de services de transports avec chauffeur (VTC) et portant sur la conformité à la Constitution de certaines dispositions du Code des transports issues de la loi dite Thévenoud, relative aux taxis et aux VTC. Ces sociétés contestaient notamment l’interdiction qui leur est faite d’informer un client, avant réservation via des applications mobiles, à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un véhicule lorsqu'il est situé sur la voie publique, considérant que cette interdiction portait atteinte à leur liberté d’entreprendre, au principe d’égalité devant la loi et au droit de propriété. Le Conseil constitutionnel a écarté cette argumentation et relevé que le législateur avait entendu, pour des motifs d’ordre public de police, garantir le monopole légal des taxis.

Pour lire la décision sur le site du Conseil constitutionnel