Le Centre national du cinéma et de l’image animée publie son bilan 2018

Le 6 mai 2019, le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a publié son Bilan pour l’année 2018 dans lequel il est notamment revenu sur l’exception culturelle française face aux plateformes. A cette occasion, le CNC a souligné l’univers concurrentiel des plateformes de vidéo à la demande et a constaté une mutation de la consommation vidéo par “une forte croissance de la vidéo à la demande par abonnement” qui a représenté 60 % du marché en 2018.

Pour lire le Bilan du CNC

L’utilisation de signes figuratifs évoquant la région à laquelle est liée une appellation d’origine protégée (AOP) peut constituer une évocation illicite

Une fondation chargée de gérer une AOP couvrant une région d’Espagne avait formé un recours contre un fromager pour évocation illicite de l’AOP, lui reprochant l’utilisation d’étiquettes évoquant cette région pour commercialiser ses fromages non couverts par l’AOP. Par un arrêt du 2 mai 2019, la CJUE, statuant sur question préjudicielle, a jugé que “l’utilisation de signes figuratifs évoquant l’aire géographique à laquelle est liée une appellation d’origine, (…) [était] susceptible de constituer une évocation de celle-ci, y compris dans le cas où lesdits signes figuratifs sont utilisés par un producteur établi dans cette région, mais dont les produits, similaires ou comparables à ceux protégés par cette appellation d’origine, ne sont pas couverts par celle-ci”.

Pour lire l’arrêt de la CJUE

Un gendarme sanctionné pour consultation de fichiers à des fins personnelles sans justification

Un gendarme s’était vu infliger quinze jours d’arrêts pour avoir consulté des fichiers de la gendarmerie et des fiches individuelles de renseignement à des fins personnelles. Par une décision du 24 avril 2019, le Conseil d’Etat a confirmé la sanction prononcée à l’encontre du requérant considérant qu’”il ressort[ait] des pièces du dossier que la consultation par [le requérant], à des fins personnelles, des fichiers (…) pour rechercher des informations concernant l’employeur de sa fille ainsi que plusieurs autres personnes constitu[ait] un détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel” et qu’“un tel manquement [était] constitutif d’une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire, indépendamment des suites réservées aux procédures judiciaires éventuellement engagées”.

Pour lire la décision sur Légalis.net

Un décret autorise la mise en relation des données des patients en soins psychiatriques avec celles des personnes surveillées pour radicalisation

Le 7 mai 2019, a été publié un décret qui modifie le décret du 23 mai 2018 autorisant les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement. Il autorise la mise en relation entre les données traitées dans le cadre du suivi des personnes surveillées en matière de lutte contre le terrorisme, d’une part et les données traitées pour le suivi des personnes hospitalisées en soins psychiatriques sans consentement, d’autre part.

Pour lire le décret sur Légifrance

Un prestataire de services d’infogérance condamné à indemniser la perte de données subie par son client

A la suite d’un incident technique ayant entrainé la perte de nombreux fichiers, un client avait résilié pour faute le contrat d’infogérance qui le liait à son prestataire et assigné ce dernier en réparation de son préjudice. Par un jugement du 23 avril 2019, le Tribunal de commerce de Nanterre a retenu l’existence d’une faute du prestataire, en charge de la gestion du système d’information, dans l’exécution du contrat avant de condamner celui-ci à verser au client des dommages et intérêts en réparation de son préjudice évalué “en considération de la reconstitution des fichiers nécessaires [au client] pour la poursuite de son activité”.

Pour lire le jugement sur Legalis.net

Absence de trouble manifestement illicite résultant d’une violation du RGPD par l’exploitation des compteurs communicants

Un distributeur d’énergie avait été assigné par plusieurs centaines consommateurs qui lui reprochaient, notamment, une violation du RGPD par l’exploitation des compteurs électriques communicants. Par une décision du 23 avril 2019, le Tribunal de grande instance de Bordeaux, statuant en référé, a jugé que “les demandeurs n’apport[aient] aucun élément de preuve d’une utilisation par [le distributeur] des données relatives à la consommation d’électricité de leur logement qui ne serait pas licite, loyale ou transparente” et que “c’est sans provoquer un trouble manifestement illicite que [le distributeur] recueill[ait] les informations de consommation d’électricité (…) sans recueillir le consentement de chacun des occupants du ou des locaux desservis”.

Pour lire la décision sur Legalis.net

Cassation d’un arrêt ayant exclu l’originalité de pochettes de disques

Une société de production musicale avait assigné en contrefaçon de droits d’auteur et en concurrence déloyale un concurrent pour avoir distribué des disques dont les pochettes reproduisaient les caractéristiques de plusieurs pochettes sur lesquelles la société revendiquait des droits d’auteur. Par un arrêt du 10 avril 2019, la Cour de cassation a jugé que l’originalité des pochettes devait “être appréciée dans son ensemble au regard de la combinaison des différents éléments, même banals, les composant” et a ainsi reproché à la Cour d’appel d’avoir rejeté l’application du droit d’auteur par “des motifs impropres à exclure l’originalité des pochettes revendiquée”.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

La Cour de cassation refuse la qualification de coauteurs d’une œuvre de l’esprit

Deux époux qui avaient mis à la disposition d’un artiste-plasticien un atelier revendiquaient la qualité de coauteurs sur plusieurs œuvres divulguées sous le nom de cet artiste. Par un arrêt du 20 mars 2019, la Cour de cassation a rejeté la qualification de coauteurs au motif que l’intervention des demandeurs s’était limitée à des actes techniques. La Cour a ainsi rappelé “que la présomption simple de titularité dont bénéficie celui sous le nom duquel l'œuvre est divulguée ne s'oppose pas à ce que d'autres personnes se voient reconnaître la qualité de coauteurs, s'il est démontré, de leur part, un apport effectif à la création de l'œuvre exprimant l'empreinte de leur personnalité”.

Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Publication du décret sur la mise en œuvre de traitements comportant l’usage du NIR

Le décret du 19 avril 2019 relatif à la mise en œuvre de traitements comportant l'usage du numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes physiques (NIR) ou nécessitant la consultation de ce répertoire a été publié. Ce décret, pris en application de l'article 22 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, précise les conditions spécifiques des traitements portant sur le NIR “en déterminant les catégories de responsables de traitement et les finalités de ces traitements au vu desquelles ces derniers peuvent être mis en œuvre”.

Pour lire le décret sur Légifrance

La Cour d’appel de Paris condamne un auteur pour contrefaçon du titre d’un ouvrage

A la suite de vérifications en ligne, la CNIL avait constaté que les données personnelles des clients d’une enseigne d’optique étaient librement accessibles sur son site internet. Deux jours après avoir été alertée par la CNIL, la société avait corrigé le défaut de sécurité. Par un arrêt du 17 avril 2019, le Conseil d’Etat a jugé qu’“en retenant une sanction pécuniaire d’un montant de 250 000 euros sans prendre en compte la célérité avec laquelle la société (…) a apporté les mesures correctrices de nature à remédier aux manquements constatés, la formation restreinte de la CNIL a infligé à cette société une sanction disproportionnée”. Le Conseil d’Etat a ainsi ramené le montant de la sanction a 200.000 euros.

Pour lire l’arrêt sur Légalis.net