Clause pénale et contrat de location de matériel informatique

Par un arrêt du 14 juin 2016, la Cour de cassation a jugé que la clause stipulant dans un contrat de location de matériels informatiques une indemnité de jouissance journalière égale à 1/30ème du dernier loyer mensuel ou à 1/90ème du dernier loyer trimestriel à la charge du locataire en cas de retard dans la restitution du matériel à l’expiration du contrat devait être qualifiée de clause pénale. La Cour a jugé que “si pour partie, l’indemnité de jouissance prévue par le contrat représente pour le bailleur une contrepartie du service dont le locataire continue de bénéficier après le terme de la location (…), [elle] vise également à contraindre le locataire (…) à restituer le matériel loué et constitue une évaluation forfaitaire et anticipée du montant du préjudice résultant pour le bailleur de l’inexécution”.

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Droit de réponse adressé à un hébergeur

Par un arrêt du 14 juin 2016, la Cour d’appel de Paris a rejeté la demande d’exercice de son droit de réponse formulée par une personne qui, sur le fondement de l’article 6-IV de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), contestait le contenu d’une page lui étant dédiée sur une encyclopédie en ligne. La Cour a relevé que la société exploitant l’encyclopédie et à l’encontre de laquelle était exclusivement dirigée la demande avait le statut d’hébergeur car sa mission consistait seulement “à fournir, à titre gratuit, les infrastructures et le cadre organisationnel permettant aux internautes (…) de construire des projets en contribuant et en éditant eux-mêmes des contenus (…) sans jouer de rôle actif de connaissance ou de contrôle des données stockées”, de telle sorte que ce n’était pas à elle que la demande aurait dû être adressée.

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Collecte des données personnelles des supporters du PSG

Par un arrêt du 13 juin 2016, le Conseil d’Etat a annulé la partie de la délibération du 30 janvier 2014 par laquelle la CNIL avait interdit au PSG de conserver les données relatives aux impayés des abonnés au-delà de la date de remboursement de leur dette. Le Conseil d’Etat a néanmoins validé l’autorisation de la CNIL de mettre en place la collecte de données nominatives des abonnés ayant violé les conditions générales de vente et enfreint le règlement intérieur du Parc des Princes, “dès lors que leur utilité à la mission de préservation de l’ordre public lors des rencontres qu’ils organisent, impartie aux clubs par le Code du sport, en légitime la collecte ”. En revanche, il a interdit le PSG de recueillir les données d’abonnés relatives à des infractions, condamnations et mesures de sûreté, leur traitement étant réservé à des personnes strictement énumérées par la loi Informatique et Libertés.

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Concurrence déloyale et communication d’un jugement non définitif

Une société avait saisi le juge des requêtes d’une demande de nomination d’un huissier aux fins de rechercher dans les locaux d’un éditeur de logiciels, “les preuves d’actes de dénigrement constitutifs de concurrence déloyale du fait de la communication à [ses] clients et prospects” d’un jugement non définitif et frappé d’appel faisant droit à une demande d’expertise contre la demanderesse. Par un arrêt du 16 juin 2016, la Cour d’appel de Paris a infirmé l’ordonnance de référé ayant fait droit à cette demande relevant que “le jugement (…) a[vait] été rendu publiquement et diffusé sur des bases de données accessibles sur le Net, consultables par tout intéressé et/ou professionnel et n’assurant pas nécessairement l’anonymisation des décisions de justice et que la publicité des décisions de justice [était] un principe consacré par la [CEDH] dans le respect du droit à un procès équitable”.

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Usage d’un signe protégé dans un code source

Par un jugement du 26 février 2016 récemment publié, le TGI de Paris a statué sur une action en contrefaçon dirigée notamment contre une société qui, après l’échéance du contrat par lequel la demanderesse lui avait concédé sa marque et des noms de domaine, avait persisté à mentionner ces signes distinctifs dans le code source de son site internet et dans une notice d’information accessible sur ce site. Le TGI a considéré que la mention d’un signe distinctif dans les codes sources d’un site internet ne constituait pas un “usage du signe litigieux dans la vie des affaires, dès lors que celui-ci se trouve non visible pour l’internaute” et donc pas un acte de contrefaçon, mais condamné la défenderesse sur le terrain de la concurrence déloyale, estimant que cette utilisation était “une démarche volontaire et délibérée, qui permet[tait] à celui qui en us[ait] de bénéficier de la notoriété de celui dont [il] utilis[ait] l’identification et caractéris[ait] un comportement fautif”.

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Compensation équitable pour copie privée

 Par un arrêt du 9 juin 2016, la CJUE a jugé qu’en matière de droit d’auteur, le système de compensation équitable des titulaires de droit de reproduction pour copie privée financé par le budget général de l’Etat en Espagne était contraire à la directive 2001/29. La Cour a rappelé que “l’exception de copie privée” permise par la directive ne s’opposait pas à ce que les Etats membres choisissent d’instituer “un système de compensation équitable [des ayants-droits] financé non pas par une (…) redevance mais par leur budget général” mais elle a cependant jugé que cette exception de copie privée n’était conçue qu’au bénéfice des personnes physiques. Or, le système mis en place par l’Espagne ne permettait pas de garantir que ces utilisateurs de copies privées, à qui il incombait in fine de réparer le préjudice subi par les titulaires de droits concernés, supportaient seuls le coût de cette compensation équitable, à l’exclusion de toute personne morale.

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Déréférencement d’une application

Par une ordonnance de référé du 20 juin 2016, le Président du Tribunal de Commerce de Paris a considéré que le PMU n’établissait pas l’abus de position dominante qu’il reprochait à Google suite à la suppression du Google Play Store d’applications organisant la redirection des utilisateurs vers des sites de jeux d’argent et notamment de paris sportifs, faute de preuve de l’existence d’une concurrence et d’un effet anticoncurrentiel. Le Président du Tribunal a également relevé que le PMU n’établissait pas le grief de rupture brutale par Google de leurs relations commerciales, dès lors que tous les échanges de courriels entre eux “font état de l’opposition de Google Play Store à tout référencement d’une application renvoyant vers un site de jeux d’argent et de hasard, qu’ainsi il n’est nullement établi que Google Play Store aurait expressément renoncé aux règles explicites qu’elle édicte à cet égard” et que “la suppression de l’application (…) [était] conforme aux dispositions contractuelles acceptées par le PMU”.

 Pour lire l’ordonnance sur Legalis.net

Dysfonctionnements d’une solution de paiement en ligne

L’éditeur d’un site de vente en ligne a assigné le prestataire offrant un service de paiement en ligne auprès duquel il avait souscrit un compte, après avoir constaté qu’il ne recevait pas les paiements de ses clients et après avoir fait appel à un expert informatique qui a observé que l’adresse électronique permettant de diriger les paiements issus des commandes vers son compte avait été mal orthographiée. Par un arrêt du 15 juin 2016, la Cour d’appel de Toulouse a relevé que c’était le demandeur lui-même qui avait procédé à une saisie erronée de son adresse électronique, et que le prestataire l’avait informé que “l’absence de récupération d’un paiement [provenait] souvent d’une adresse mal écrite ou erronée”. N’ayant pas procédé à la vérification suggérée, il ne pouvait reprocher au prestataire son manque de réactivité à l’égard du dysfonctionnement dont il était à l’origine.

 Pour lire l’arrêt sur Legalis.net

Droit d’opposition et déréférencement d’un lien

Par une ordonnance de référé du 13 mai 2016, le Président du TGI de Paris a fait injonction à Google Inc. de déréférencer ou supprimer de la liste des résultats générés par son moteur de recherche le lien renvoyant vers un site dénonçant la prétendue attirance sexuelle du requérant pour les mineurs et évoquant sa situation professionnelle. Il a considéré que “la page web à laquelle il [était] renvoyé a[vait], à l’évidence, été écrite (…) dans l’intention de nuire personnellement [au requérant], en mettant en cause son emploi, alors même que cet emploi [était] sans aucun rapport avec les faits dénoncés” et que “le demandeur démontr[ait] que le référencement de ce lien (…) a[vait] directement porté atteinte au droit à la protection de ses données personnelles, sans [qu’elle] soit légitimée par le droit à l’information légitime du public”.

Pour lire l’ordonnance sur Legalis.net

Avis de la CNIL sur la vidéosurveillance dans les cellules de détention

La CNIL a rendu le 19 mai 2016 un avis sur un arrêté encadrant la mise en œuvre par l’administration pénitentiaire d’une vidéosurveillance permanente de certains détenus dont l’évasion ou le suicide pourrait avoir un impact important sur l’ordre public. Elle a tout d’abord rappelé que ce type de dispositif intrusif devait reposer sur une base légale suffisante, que les détenus concernés devaient être strictement définis et que ces dispositifs ne pouvaient être mis en œuvre qu’à titre exceptionnel. L’arrêté, publié le 12 juin 2016, simultanément à l’avis de la CNIL, a pris en compte ces observations.

Pour lire la délibération sur Légifrance et l’arrêté