Absence de contrefaçon d’un logiciel pour défaut de caractérisation de son originalité

L’éditeur d’un logiciel développé pour l’accès et la gestion des fonds d’archives d’un Conseil départemental avait assigné celui-ci en contrefaçon pour avoir notamment décrit l’architecture générale de ce logiciel dans le cadre d’un marché public qu’il avait lancé, visant à lui permettre de se doter d’une nouvelle solution. Par un arrêt du 5 avril 2018, la Cour d’appel de Douai a confirmé le jugement qui l’avait débouté notamment au motif du défaut de caractérisation de l’originalité du logiciel, rappelant “que le secteur des archives, contraint et codifié, ne laisse que peu de place au choix et au libre arbitre de l’auteur du logiciel  de sorte que la créativité s’en trouve forcément bridée”.

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Rapport d’activité de la CNIL pour l’année 2017

Le 10 avril 2018, la CNIL a présenté le bilan de son activité 2017 et notamment des contrôles menés auprès de divers organismes. Elle est revenue à cette occasion sur l’opération d’audit international coordonnée, menée lors du “Sweep Day” par 24 autorités de protection des données et au cours de laquelle elle s’est concentrée, au niveau national, “sur 49 sites web et applications mobiles dans les domaines du “voyage” et de la “vente en ligne””, faisant apparaitre, pour plus de 80% d’entre eux, une insuffisance de l’information relative à “la nature des données transmises à des tiers”, à “l’identité de ces derniers”, aux “modalités de stockage des données” et aux “mesures prises pour en garantir la sécurité et la confidentialité”.

Pour lire le rapport d’activité de la CNIL

Absence de résiliation fautive par le client en l’absence de livraison dans les délais contractuels

Un prestataire informatique avait assigné notamment en dommages et intérêts son client, auquel il reprochait la résiliation fautive de leur contrat de prestation de développement informatique portant sur l’achèvement du système d’information de ce dernier. Par un arrêt du 6 avril 2018, la Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement qui l’avait débouté, notamment au motif qu’il “ne rapporta[i]t pas la preuve d’un comportement fautif [du client] l’exonérant de son obligation contractuelle de livraison dans les délais d’un système d’information et de migration des données du client opérationnel, la livraison ayant plus d’un an de retard”, de sorte que le client avait valablement résilié le contrat.

Arrêt non publié

Hameçonnage : caractérisation de la négligence grave de la victime

Une banque avait été assignée par un client en remboursement de paiements effectués frauduleusement par carte bancaire et virement sur deux comptes ouverts à son nom. Par un arrêt du 28 mars 2018, la Cour de cassation a cassé le jugement qui l’avait condamnée en ce sens, estimant que “manque, par négligence grave, à son obligation de prendre toute mesure raisonnable pour préserver la sécurité de ses dispositifs de sécurité personnalisés l’utilisateur d’un service de paiement qui communique les données personnelles de ce dispositif de sécurité en réponse à un courriel qui contient des indices permettant à un utilisateur normalement attentif de douter de sa provenance, peu important qu’il soit, ou non, avisé des risques d’hameçonnage”.

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Interdépendance de contrats de fourniture de matériels informatiques et de location financière

Par un arrêt du 30 mars 2018, la Cour d’appel de Paris a prononcé la nullité d’un contrat de fourniture de matériels informatiques en raison du dol commis par le fournisseur. Après avoir relevé l’existence de manœuvres frauduleuses de la part de ce dernier, sans lesquelles le client n’aurait pas contracté, et avoir rappelé le principe de l’interdépendance des “contrats concomitants (…) qui s'inscrivent dans une opération incluant une location financière”, la Cour a prononcé la caducité du contrat de location financière.   Arrêt non publié  

Constitutionnalité du délit de refus de transmission ou de mise en œuvre d’une convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie

Par une décision du 30 mars 2018, le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur le recours formé contre le premier alinéa de l’article 434-15-2 du code pénal, qui sanctionne le refus de remettre ou de mettre en œuvre à la demande des autorités judiciaires la convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie “susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit”. Le Conseil a déclaré cette disposition conforme à la Constitution, estimant qu’elle ne portait pas atteinte au “droit de ne pas s’accuser ni au droit au respect de la vie privée et au secret des correspondances”, et qu’elle ne méconnaissait pas non plus “les droits de la défense, le principe de proportionnalité des peines et la liberté d’expression, ni aucun autre droit ou liberté que la Constitution garantit”.

Pour lire la décision du Conseil constitutionnel

Appréciation de l’originalité d’un dessin de dentelle

Une société avait assigné en contrefaçon une autre société, à laquelle elle reprochait la commercialisation d’un modèle de vêtement sur lequel était apposée une dentelle reproduisant les caractéristiques d’un dessin sur lequel la première déclarait être titulaire de droits. Par un arrêt du 7 mars 2018, la Cour de cassation a cassé et annulé l’arrêt par lequel la Cour d’appel de Douai avait retenu que le dessin revendiqué était dépourvu d’originalité, estimant que les juges du fond aurait dû “rechercher si l’originalité du dessin résultait, non seulement [de la combinaison qu’ils avaient retenue consistant en une bande rectiligne en partie supérieure et de pétales de fleurs en partie inférieure], mais également (…) de la combinaison d’autres éléments [plus précis dans chacune des parties supérieure et inférieure de la dentelle]”.

Arrêt non publié

Nullité d’une marque pour dépôt frauduleux

Une association de défense des animaux avait demandé la nullité d’une marque reprenant son sigle et déposée par une autre association pour désigner notamment des actions, publications, diffusions tendant à promouvoir la protection et la défense des animaux. Par un arrêt du 30 mars 2018, la Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement qui avait prononcé la nullité de cette marque en raison du caractère frauduleux du dépôt, après avoir relevé qu’il s’était “manifestement inscrit dans une stratégie visant à priver [la demanderesse] de l’usage de ce nom nécessaire à son activité et constitutif de sa dénomination statutaire, caractérisant ainsi la mauvaise foi” du déposant. Elle a également confirmé que ce dernier s’était ainsi rendu coupable d’actes de concurrence déloyale et de parasitisme.

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Contrefaçon d’une œuvre de collaboration : mise en cause des coauteurs

L’exécuteur testamentaire d’un auteur et artiste-interprète avait introduit une action en contrefaçon à l’encontre d’une société qui avait reproduit dans un ouvrage des extraits des textes de chansons de cet artiste. Dans un arrêt du 21 mars 2018, la Cour de cassation, après avoir confirmé que les chansons litigieuses étaient des œuvres de collaboration, a cassé l’arrêt par lequel la Cour d’appel de Paris avait estimé le demandeur recevable à agir en contrefaçon, rappelant que "si le coauteur d’une œuvre de collaboration peut agir seul pour la défense de son droit moral, c’est à la condition que sa contribution puisse être individualisée" et que "dans le cas contraire, il doit, à peine d’irrecevabilité, mettre en cause les autres auteurs de l’œuvre ou de la partie de l’œuvre à laquelle il a contribué".

Arrêt non publié

Publication du rapport « Donner un sens à l’intelligence artificielle »

Le rapport établi sous la direction du député Cédric Villani sur l’intelligence artificielle (IA) a été rendu public le 28 mars 2018. Il propose en premier lieu une “politique économique articulée autour de la donnée”, incitant notamment les acteurs économiques à partager et assurer une meilleure protection des données européennes, “matière première de l’IA contemporaine”. Le rapport préconise également de concentrer la politique de développement de l’IA sur quatre secteurs stratégiques que sont la santé, l’environnement, le transport et la défense. S’agissant des enjeux sociaux et éthiques de l’IA, le rapport invite notamment le gouvernement à anticiper ses impacts sur le travail.

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