Le secret des correspondances s’applique à une messagerie instantanée installée sur un ordinateur professionnel

Une salariée avait échangé avec une collègue des messages électroniques via une messagerie instantanée installée sur son ordinateur professionnel au moyen d’une adresse électronique personnelle. Par un arrêt du 23 octobre 2019, la Cour de cassation a jugé que la correspondance litigieuse provenait d’une boîte mail personnelle distincte de la messagerie professionnelle et était, par conséquent, couverte par le secret des correspondances.

  Pour lire l’arrêt sur Légifrance

Droit d’accès : Le ministre de l’intérieur n’est pas tenu de délivrer une copie des données

Par une décision du 24 octobre 2019, le Conseil d’État a jugé que "dans le cadre du droit d’accès indirect aux données personnelles contenues dans l’un des fichiers intéressant la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique, le responsable du traitement communique les informations à la personne concernée selon les modalités qu’il définit". Le ministre de l’Intérieur n’était donc pas tenu de délivrer une copie des données sollicitées et a ainsi valablement exécuté son obligation en s’assurant que le requérant puisse les consulter sur place.

  Pour lire la décision du Conseil d’État

Absence de caractère distinctif d’un signe représentant une cloche sous forme d’icône

Par un arrêt du 7 novembre 2019, le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le recours formé par une société contre le refus d’enregistrer une marque figurative représentant une cloche au contour blanc sur un fond noir. Le Tribunal a jugé que le signe était dépourvu de caractère distinctif considérant "que le public pertinent percevra une icône représentant une cloche en tant que message révélant une fonction de sonnette, d’alerte, de notification ou d’alarme de tels produits".

Pour lire l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne

Un décret autorise la dématérialisation des registres comptables pour certains commerçants

Le décret du 31 octobre 2019 relatif à la dématérialisation des registres, des procès-verbaux et des décisions des sociétés et des registres comptables de certains commerçants a été publié. Il permet notamment à certains commerçants de tenir leurs registres et livres de compte sous forme électronique à condition que ces documents soient "identifiés et datés dès leur établissement par des moyens offrant toute garantie de preuve". Ces dispositions sont entrées en vigueur le 4 novembre 2019.

Pour lire le décret sur Légifrance

La CNIL rend un avis défavorable sur l’expérimentation de la reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées

Le 29 octobre 2019, la CNIL a annoncé avoir rendu un avis défavorable sur l’expérimentation de la reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées menée par la région PACA. La CNIL a considéré que le dispositif n’apparaissait ni nécessaire, ni proportionné pour atteindre les objectifs de sécurisation et de fluidification des entrées, relevant notamment que ces finalités pouvaient être atteintes “par des moyens bien moins intrusifs en termes de vie privée et de libertés individuelles, comme par exemple un contrôle par badge”.

  Pour lire la publication de la CNIL

Le Conseil fédéral de la Suisse signe la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des données personnelles

Le 30 octobre 2019, le Conseil fédéral de la Suisse a signé un protocole d’amendement à la Convention du Conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données personnelles. Ce texte “renforce la protection dont jouissent les Suisses lorsque leurs données personnelles sont traitées dans un Etat partie”. Son adoption devrait être prise en compte par l’Union européenne dans la future décision d'adéquation concernant le niveau de protection des données en Suisse.

 Pour lire le communiqué du Conseil fédéral de la Suisse

Une affiche publiée dans un journal satirique ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d’expression

Une femme politique avait déposé une plainte à l’encontre du présentateur d’une émission de télévision pour avoir diffusé une affiche, publiée à l’origine par un journal satirique, qu’elle considérait comme une atteinte à sa dignité. Par un arrêt du 25 octobre 2019, la Cour de cassation a jugé que la diffusion d’une telle affiche ne dépassait pas les limites admissibles de la liberté d’expression“dès lors que cette affiche, initialement publiée dans un journal revendiquant le droit à l’humour et à la satire, comporte une appréciation du positionnement politique [du demandeur] à l’occasion de l’élection [présidentielle] et a été montrée avec d’autres affiches parodiant chacun des candidats, dans la séquence d’une émission polémique s’apparentant à une revue de presse (…)”.

  Pour lire l’arrêt de la Cour de cassation

Résolution d’un contrat de développement de site internet aux torts du prestataire

Par un jugement du 28 octobre 2019, le Tribunal de commerce de Lyon a prononcé la résolution d’un contrat de développement de site internet aux torts du prestataire à la suite de nombreux dysfonctionnements. Le Tribunal a jugé que, malgré l’absence de cahier des charges, "il [était]constant que la méthode utilisée par [le prestataire], pourtant sachante et professionnelle en la matière [était] à l’origine des difficultés rencontrées"et a, en conséquence, prononcé la caducité du contrat de location financière associé.

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La CNIL publie une liste des traitements qui ne requièrent pas d’analyse d’impact

Par une délibération du 12 septembre 2019, la CNIL a publié une liste non exhaustive d'opérations de traitement pour lesquelles une analyse d’impact relative à la protection des données n’est pas requise. Sont notamment concernés, les traitements mis en œuvre à des fins de ressources humaines pour la gestion du personnel des organismes qui emploient moins de 250 personnes ou encore des traitements ayant pour finalité la gestion des relations fournisseurs.

  Pour lire la délibération de la CNIL

Une marque semi-figurative annulée pour dépôt frauduleux

Par un jugement du 3 octobre 2019, le Tribunal de grande instance de Paris a annulé une marque semi-figurative déposée par un site de commerce en ligne. Le Tribunal a jugé que le déposant "ne saurait s’approprier des termes génériques qui doivent rester disponibles pour tous les acteurs économiques de ce secteur et n’a aucune légitimité à monopoliser à son seul profit [c]es termes (…) à titre de marque et à priver ses concurrents de l’usage de ces mots sauf à introduire une distorsion dans les règles de libre concurrence".

  Pour lire le jugement sur Legalis.net