Rupture abusive d’un contrat d’intégration

Par un jugement du 24 juin 2016, le Tribunal de commerce de Nanterre a prononcé la résolution d’un contrat d’intégration aux torts exclusifs du client qui l’avait résilié pour faute grave du prestataire. Le Tribunal a considéré qu’il ne pouvait être reproché au prestataire de n’avoir pas respecté le délai imparti pour livrer l’intégralité des spécifications fonctionnelles détaillées alors que son obligation de résultat était circonscrite “à la livraison de celles qui sont indispensables aux développements et aux adaptations à apporter à chaque version de base de la solution” et qu’il n’était pas démontré que les spécifications qui auraient dû être livrées relevaient de son obligation essentielle de délivrance.

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Impossibilité d’invoquer l’interdépendance des contrats en cas de résiliation aux torts du client

Une société spécialiste de solutions de gestion documentaire avait conclu un contrat de licence d’un logiciel CRM avec un éditeur, et un contrat d’intégration de ce logiciel avec un prestataire informatique. Ce dernier avait résilié le contrat d’intégration suite au manquement de la cliente à ses obligations de paiement. L’éditeur avait alors assigné la cliente en raison du non-paiement des factures correspondant à la fourniture des logiciels. Statuant sur renvoi après cassation, la Cour d’appel de Paris a condamné la cliente dans un arrêt du 17 avril 2015, considérant que si les contrats étaient effectivement liés de sorte que l’annulation de l’un était susceptible d’entraîner la caducité de l’autre, la résiliation du contrat d’intégration avait pour cause les manquements de la cliente à ses propres obligations. Dès lors, les juges ont estimé que cette dernière n’était pas fondée à se prévaloir de l’interdépendance des contrats pour échapper au paiement des licences.

Arrêt non encore publié

Contrat d’intégration : résolution aux torts exclusifs du prestataire

Dans un arrêt du 29 janvier 2015, la Cour d’appel de Bordeaux, statuant sur renvoi après cassation, a ordonné la résolution d’un contrat d’intégration aux torts d’IBM France et a condamné celle-ci à payer à la MAIF la somme de 6,67 millions d’euros à titre de dommages et intérêts. La Cour a tout d’abord exclu la nullité du contrat pour dol demandée par la MAIF. Elle a ensuite considéré que les faits ne caractérisaient pas la volonté non-équivoque de la MAIF de substituer “purement et simplement” au contrat d’intégration initial les protocoles conclus en cours de projet, mais bien celle de se prévaloir de la primauté des dispositions du contrat initial. Enfin, la Cour a retenu qu’IBM avait commis des fautes à l’origine de l’échec du projet d’intégration et “dont la gravité et les conséquences [étaient] de nature à justifier la résolution du contrat d’intégration aux torts exclusifs d’IBM”.

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IBM / MAIF : la Cour d’Appel écarte le dol et valide le contrat d’intégration

Par jugement du 14 décembre 2009, le Tribunal de grande instance de Niort avait prononcé l’annulation d’un contrat d’intégration de progiciel entre la MAIF et IBM aux torts de ce dernier pour dol en estimant qu’IBM avait fait croire à la MAIF que le projet était réalisable dans les conditions initiales. La Cour d’appel de Poitiers, par décision du 25 novembre 2011, a infirmé le premier jugement, excluant notamment toute réticence dolosive d’IBM au motif qu’il « n’est pas établi qu’IBM a dissimulé de surcroit volontairement à la MAIF des informations majeures relatives au calendrier, au périmètre, au budget du projet ». Pour consulter la décision sur le site de Legalis